Certes, le rassemblement "citoyen revendicatif" de la place de la République, à Paris, à partir de 15 heures, dimanche prochain, ne vise pas que Thierry Solère et #François Fillon, dont les plaintes en diffamation contre Le Canard enchaîné tardent à se concrétiser. L'appel sur la page Facebook "Rassemblement contre la #Corruption des élus" vise beaucoup plus large et n'a rien de nominatif (même si François Fillon et Jérôme Cahuzac sont mentionnés). Cet appel a été pratiquement "téléphoné" par "l'acharnement" mis par François Fillon à dénoncer la compétence du parquet national financier et à en appeler à la séparation des pouvoirs. Ce qui implique en clair que seuls les instances compétentes à ses yeux seraient les questures et les comités d'éthique de l'Assemblée nationale et du Sénat.

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Et pourquoi pas aussi les diverses associations des maires de France et des présidents d'intercommunalités, se transformant en conseils des ordres (des élus ruraux, de ceux des villes moyennes, &c.) pour statuer des cas des élus municipaux ?

28 000 intéressés

En ce début d'après-midi de jeudi, 28 000 personnes se déclarent intéressées par ce rassemblement ou plutôt ces rassemblements citoyens de dimanche prochain (à partir de 15 heures). Parmi elles, nombre de relais de l'initiative parisienne en province. Mais aussi près de 6 000 participantes ou participants déclarés. Toutes et tous ne viendront pas, mais le bouche à oreille devrait jouer. La liste "non limitative" des villes de province où seront organisés de tels rassemblements regroupe Angers, Bourg-en-Bresse, Sens, Clermont-Ferrand, Toulouse, Marseille, Bordeaux, Montpellier, Rennes, La Rochelle, Orléans, Saint-Omer et Lyon.

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Mais il serait étonnant que Nantes, voire Saint-Nazaire, restent à l'écart. La page Facebook Nuit debout a relayé l'initiative, mais non son site (ou les pages des diverses villes). Mais il y a d'autres initiatives. Julien Bayou, candidat aux législatives (3e et 10e ar. parisiens), soutenu notamment par Gaspard Delanoë et son Pftt (Parti faire un tour), saisit la Cour de justice de la République contre… François Fillon, Christine Lagarde et Éric Woerth, pour "délit de concussion" dans l'affaire Kerviel. Le but est d'obtenir que la Société générale, ayant obtenu un crédit d'impôt, soit contrainte de le reverser. Car si Bercy avait annoncé avoir lancé une procédure, la Société générale n'a pas encore reçu de notification et s'affirme confiante de n'avoir pas à rembourser. Il ne s'agit "que" de 2,2 milliards d'euros. Rien n'indique que la CJR obtempère, mais l'affaire retrouve ainsi les pages des journaux et des magazines ou revues. Il y a aussi la pétition en ligne "Mme Fillon, rendez-nous ces 1,5 million d'euros" qui vient d'atteindre près de 410 000 soutiens.

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Il en est d'autres, de moindre ampleur (genre "primaire de droite : remboursez les gains", un peu illusoire car seuls les votants ayant déclaré vouloir recevoir des courriels sont identifiables). Et puis, le 11 février (un peu comme le 31 décembre en Roumanie fut voté le décret depuis retiré), le sénateur LR François-Noël Buffet a fait passer un amendement discret sur la prescription pour les abus de biens sociaux et d'autres délits financiers. Désormais, alors que la prescription est de six ans pour les délits, et de 20 ans pour les crimes, le délai pour les délits financiers ne pourra excéder 12 ans à compter du jour "où l'infraction fut commise". Dans le cas du Penelopegate, toute embauche de Penelope Fillon entre 1998 et 2005 passe à la trappe. Cela vise les infractions occultes ou dissimulées. L'amendement est passé à l'Assemblée nationale ce 16 février. Reste à attendre le décret d'application. On comprend que François et Penelope Fillon ont tout intérêt à ce que le parquet financier joue la montre.