Abdel Fattah Al-Sissi s'apprête à briguer un second mandat à la tête de la plus haute institution égyptienne, victorieux selon les résultats provisoires de l'élection présidentielle qui s'est déroulée sur 3 jours de scrutin du 26 au 28 Mars 2018. La presse gouvernementale évalue à plus de 90% la part des suffrages exprimés en faveur du président Sissi et à 3% celle des suffrages exprimés en faveur de son rival Moussa Mostafa Moussa soutien déclaré du président. Tous les autres opposants déclarés ont abandonné l'idée de prendre part au scrutin ou ont été emprisonnés. Ce pays situé au nord de l'Afrique connait plusieurs difficultés sécuritaires.

Sissi arrive au pouvoir après avoir destitué Mohamed Morsi.

Ce dernier, premier président démocratiquement élu et premier président civil de l'Egypte, avait toutes les qualités nécessaires pour faire de son pays une grande démocratie. Hosni Moubarak, sous la pression populaire démissionne en février 2011 après 30 ans de pouvoir. Mohamed Morsi président du parti Liberté et Justice issu des frères musulmans lui succède à la tête de l'Etat le 30 juin 2012. C'est à la faveur de plusieurs soulèvements populaires que le président démocratiquement élu sera renversé par l'armée dirigée par un certain Abdel Fattah Al-Sissi nommé commandant des forces armées par Morsi. Sissi, loin de soutenir de l'intérieur la politique du président en exercice, aurait usé du pouvoir obtenu de Morsi et du soulèvement anarchiste des populations pour ravir le pouvoir sous l'approbation du peuple pour ensuite réinstaller un pouvoir autoritaire militaire et sanglant sur l'ensemble du territoire égyptien au détriment de ce même peuple.

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AL-Sissi et le règne de la terreur

Sissi exerce une lourde répression pendant son début de règne. Une répression dénoncée principalement par la Turquie et le Qatar. Il remporte l'élection présidentielle de 2014 avec 96% des suffrages dans un contexte de répression violente qualifiée par l'ONG Human Right Watch comme "l'un des plus importants massacres de manifestants de l'histoire récente". Les responsables d'ONG égyptiennes sont menacés de morts et on observe une censure des informations véhiculées par les médias et journalistes. Mohamed Morsi, ancien président et auteur de l'ascension de Sissi est quant à lui condamné à la prison à vie.

Le peuple égyptien a enterré sa liberté

Le constat est amer pour l'ensemble de la population égyptienne portée au soulèvement. Voulant faire partir par tous les moyens Morsi et en accusant son emprise sur l'Etat égyptien, la peuple a, non seulement ramené un pouvoir largement fermé par rapport à celui de Morsi et plus dévastateur que celui-ci, mais a aussi tué tout espoir de renouveau et de démocratie emmené par l'arrivée d'un président démocratiquement élu en Egypte.