La littérature est un des arts dont le Cameroun ne se prévaut de faire éclore, ceci par son attrait et sa participation sectorielle. Rattaché et diffusé par ses nombreux acteurs, cet art parfois critique devient ainsi une arme d'échange, de création et de partage. Le SILYA (salon international du livre de Yaoundé) qui en est aujourd'hui à sa troisième édition, a fortement révélé sa pertinence intellectuelle du 8 au 13 mai 2018. Les auteurs, les amoureux de la littérature, les hommes de médias, les curieux et même les écrivains en herbe ont pullulés le long des stands, à la découverte de cette implosion intellectuelle dont nous abreuvent ces commandeurs des œuvres de l'esprit.

Sous un regard peu obséquieux et moins démagogique, la littérature a ouvert un réceptacle d'idéaux récréatifs et de pensées libres recasées dans un prisme du donné et du recevoir. Les journalistes culturels, toujours à l'affût de la moindre pépite emplie de créativité, ont tenu à faire une analyse [VIDEO] des plus systémiques et des plus représentatives de cet étalage livresque.

"Le SILYA devient un grand rendez-vous des professionnels du livre et des auteurs. Il répond à ce besoin qu'ont les populations de trouver le livre et ceux qui le font. J'avoue que c'est une belle réussite pour le Cameroun terre des écrivains". A répondu Martial Nguéa, journaliste culturel en service au journal " Show Magazine" et président de l'association de critiques de cinéma : "Cine-press camer".

Top vidéos du jour

Les différents invités à ce salon sont venus de tous les pays d'Afrique et même d'Occident. La présence très remarquée de l'écrivaine camerounaise de nombreuses fois primée Calixte Beyala, a remué l'auditoire venue nombreux lors de sa conférence de presse du 10 mai 2018.

"Je n'ai pas produit de livre depuis parce-que j'ai besoin de lumière pour écrire, et je n'en ai pas pour l'instant. Je vis entre la France et le Cameroun, et j'ai déjà passée une grande partie de ma vie dans mon pays. J'ai constatée que les camerounais utilisent beaucoup le mot 'Dieu' dans leur langage et sont souvent entrainés vers le sexe et l'alcool. Je n'écris pas pour faire plaisir sinon ma littérature ne serait plus de l'art, et mon rôle en tant qu'écrivaine est de donner un sens à la vie, de questionner ou d'aller ou personne ne va" a longuement répondu Calixte Beyala lors de ce point de presse. Souvent cataloguée pour ses attaques [VIDEO] verbales jugées trop crues et intenses, la célèbre auteure a menée ce point de presse en signifiant sa satisfaction une fois de plus d'avoir pu participer au SILYA, et de lui avoir permit de découvrir de nouveaux auteurs assez prometteurs.

Un salon autour d'une innovation prolifique et substantielle

La présence des écrivains tels que Gaston Kelman (auteur du célèbre livre "Je suis noir et je n'aime pas le manioc"), Blick Bassy (artiste-musicien et nouvellement écrivan) ou encore Pabe Mongo (de son véritable nom Pascal Bekolo), ont animés les nombreux stands présents. La recrudescence des librairies, des maisons d'éditions (Ifrikiya, Schaabel, Babel...), et la présence significative du ministre des Arts et de la Culture, (Minac) le professeur et écrivain Mouelle Kombi, a redonné du punch et un regard nouveau à cette troisième édition. L'APEC (association nationale des poètes et écrivains du Cameroun) qui s'est illustrée par la présence massive de ses membres, a fait des dédicaces et des nombreux échanges avec les différents auteurs présents et invités.

"Nous avons animés l'un des plus beaux stands du salon, très visité avec des dédicaces courues, et avons enregistrés une vingtaine d'adhésions sur place parmi lesquelles, celles des auteurs icônes. Nous avons menés un colloque international de 4 panels le 10 mai 2018 sur le thème : les chantiers littéraires du vivre ensemble. Certains de nos membres (Mme Yap la SG, Mme Mpoundi Ngole, Mme Amal, Mr Clément Dili Palai...) ont été honorés à travers des panneaux hommages de la galerie d'exposition". A conclut l'écrivain Pabe Mongo lors d'un échange sur la participation massive de l'APEC. L'écrivain a notamment reçu en récompense une statuette en bronze des mains du Minac. L'honneur est initialement revenu au président de l'APEC de lire la déclaration commune des participants du SILYA, sous le titre : La déclaration de Yaoundé.

Le SILYA ou le jargon immuable de l'expression libre

La fréquence de passage dans les allées du Musée National (ancien palais présidentiel sous l'ère du premier président de la république son excellence Ahmadou Ahidjo) a vu le passage de nombreux curieux et amateurs. Par ailleurs, comme l'a fait remarquer la journaliste culturelle Valérie Nguekam du journal "Baromètre communautaire", les jeunes classes et les classes estudiantines ne se sont pas majoritairement faites representer.

" Durant la prochaine édition, il faudrait plus communiquer autour de l'événement, sensibiliser les jeunes dans les collèges, les universités, à l'aide des flyers, ceci deux semaines avant l'événement et surtout intéresser les diffuseurs numériques. C'est très important de parler de ces diffuseurs numériques, car il faudrait parler de leur vision du livre numérique aux jeunes. Cet espace a beaucoup manqué au salon". A terminée cette dernière concernant les manquements de l'unique salon du livre du Minac au Cameroun.

"Selon mon analyse, je crois que dans la nécessité, les municipalités devraient activement s'armer pour la 4e édition qui arrive. Je le dis car il est primordial de livrer les nombreuses connaissances à la société. Ils s'impliqueraient simultanément dans la thérapie sociale qui amène le développement". A notamment conclu le journaliste Martial Nguéa au sujet des prochaines innovations possibles. La question du droit d'auteur et de la rentabilité littéraire d'une part, et d'autre part, le rôle de la SOCILADRA, société des droits d'auteurs littéraires, prime sur le recensement des auteurs à travers le Cameroun, et du partage des royalties relatives aux ventes des différents ouvrages, ont fait des émules lors des débats. Cette troisième édition a marqué la présence de nombreux membres du gouvernement, et une expansion volumineuse de ces Livres qui font de ces auteurs, les techniciens de tout passage dans cet univers.