Après les violences, l'heure du deuil. Des funérailles doivent en effet avoir lieu à Gaza pour les 58 personnes tuées par les forces israéliennes alors que des dizaines de milliers de personnes ont protesté le long de la frontière contre l'ouverture de l'ambassade américaine à Jérusalem, lundi. Les funérailles devaient avoir lieu mardi dans l'enclave, coïncidant avec le jour où les Palestiniens célèbrent la « Nakba », journée commémorant les plus de 700 000 personnes qui ont fui ou ont été expulsées de leurs maisons lors de la guerre d'Israël. Les médias israéliens ont rapporté que certaines tentes où des manifestants s'étaient rassemblés à la frontière ont été démantelées.

Du côté des autorités palestiniennes, un appel au calme a été lancé. Lundi, les scènes de violences se sont multipliées alors la nouvelle ambassade de Washington était inaugurée à Jérusalem. La fille du président américain, Ivanka Trump, était présente pour cette inauguration. « L'événement historique d'aujourd'hui est attribué à la vision, au courage et à la clarté morale d'une personne : le président Donald J. Trump », a lancé David Friedman, ambassadeur américain à Jérusalem. Ses propos ont été ovationnés par l'assistance composée de représentants américains et israéliens.

Emmanuel Macron condamne les violences

Mais ce sont bien les violences entre Israéliens et Palestiniens qui ont marqué cette journée. Le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, s'est joint aux Etats-Unis pour accuser le Hamas, la faction dirigeante palestinienne à Gaza, concernant les nombreux morts.

Il a défendu l'usage de la force par son pays, en disant que « chaque pays a l'obligation de défendre ses frontières ». Le président de la République, Emmanuel Macron, a condamné « la violence des forces armées israéliennes contre les manifestants ». Il s'est d'ailleurs entretenu à ce sujet au téléphone avec Mahmoud Abbas. En décembre dernier, Emmanuel Macron n'avait pas hésité à formuler des critiques concernant la décision de Donald Trump de transférer l'ambassade américaine en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem. Trump, qui a tweeté en affirmant que la journée de lundi était un « grand jour pour Israël », n'a pas assisté à l'inauguration de l'ambassade mais a évoqué le sujet dans un message vidéo, affirmant qu'il tendait « une main d'amitié à Israël, aux Palestiniens et à tous leurs voisins » en ayant pris cette décision. Clairement, la journée de lundi n'a pas permis d'apaiser les tensions.

Donald Trump se félicite de sa décision

La décision de Donald Trump de déplacer l'ambassade et de reconnaître Jérusalem comme la capitale d'Israël a consterné les Palestiniens, qui considèrent Jérusalem-Est comme la capitale de leur futur Etat.

La ville sainte a été l'une des questions les plus controversées lors des négociations passées entre Israël et Palestine. En ayant pris cette décision, le président américain reconnaît donc Jérusalem comme la capitale d'Israël, excluant de fait la possibilité que le statut de la ville puisse être évoqué dans un possible accord de pays entre les deux pays. Côté israélien, la joie était au rendez-vous lundi puisque de nombreux drapeaux américains avaient été accrochés aux différents bâtiments de la ville, la population étant en grande majorité favorable à ce transfert de l'ambassade. Côté palestinien en revanche, l'heure est aux larmes. Le chef des droits de l'homme de l'ONU, Zeid Ra'ad al-Hussein, a dénoncé lundi le « massacre choquant de dizaines de personnes », affirmant que « les coupables de violations scandaleuses des droits de l'homme doivent être tenus pour responsables ».