Les médias iraniens ont rapporté le 21 avril au sujet du nouveau plan du régime pour rendre « obligatoire » l’utilisation des moteurs de recherche nationaux pour toutes les organisations gouvernementales.

Le vice-ministre de l’information et des technologies de communication, Rasoul Saraiyan, a déclaré : « Nous souhaitons rendre obligatoire l’utilisation des moteurs de recherche nationaux pour toutes les organisations gouvernementales et persuader le public de les utiliser également. Notre plan est de répandre nos moteurs de recherche nationaux chez les gens et d’étendre son application dans le pays. Nous prédisons un bon niveau d’utilisation dans les trois prochains mois. »

Pendant une émission télévisée transmise sur la 1re chaîne du régime, le 21 janvier 2018, le vice-ministre de l’Information et des Technologies de communication a confirmé que le résultat de recherches de ces moteurs nationaux est « gérable ».

Ce qui veut dire qu’il est contrôlable et permet de censurer systématiquement l’information.

Après avoir échoué à filtrer Telegram ou à bloquer les anti-filtres, le régime ne voit désormais qu’une seule solution en filtrant Google et d’autres moteurs de recherches semblables.

Les efforts du régime pour introduire les moteurs de recherche domestiques et pour forcer les gens à les utiliser visent à espionner les activités des utilisateurs et de les tracer ou même de les arrêter.

Les activités de censure ont eu lieu de différentes façons et vont du filtratrage de Telegram et des moteurs de recherche à l’implantation de « virus informatique » chez les utilisateurs, au blocage des anti-filtres [VIDEO] ; tout ceci indique que le régime craint le soulèvement de la population.

Le cyber oppression en Iran

Lors d’une conférence en janvier dernier à Washington, le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI-coalition de l’opposition) a révélé les plans du régime pour réprimer les manifestants via leurs communications sur internet.

L’information a été rendue publique dans un livre intitulé : « l’Iran, l’oppression en ligne : comment les pasdaran utilisent les attaques en ligne pour protéger leur tyrannie religieuse. »

Ce livre décrit le rôle des téléphones mobiles et des applications de messagerie dans les échanges d’informations entre les différentes parties en l’Iran ainsi que dans l’organisation des manifestations : « la cyber technologie est une menace significative pour le pouvoir, car il permet aux gens de former des rassemblements que le régime a du mal à contrer. »

Le livre ajoute : « Les cyber attaques du régime ne doivent pas être séparées de ses autres actions répressives contre la population, l’élaboration de plans terroristes et le développement de ses projets nucléaires et balistiques. Le manque de réaction de la part des autres pays laisse le régime impuni pour ses activités hors-la-loi.»

Le CNRI appelle l’Union européenne et les États-Unis à prendre les mesures appropriées pour contrer les cyber-attaques du régime des mollahs.

Une politique ferme qui viserait le boycott des individus et des organes impliqués dans les cyber-attaques, ainsi que le boycott de la radiotélévision de l’Etat islamiste impliqué dans la désinformation.

Le régime a été frappé au début de l’année par une vaque de révoltes populaires contre la vie chère qui s’est vite transformé en des revendications pour le renversement de la dictature. Dans la crainte du regain des manifestations de la population excédée par l’incurie des autorités et les mesures liberticides, le régime a renforcé la répression des espaces de liberté.

Le mois prochain à Paris la diaspora iranienne organisera un grand rassemblement pour dénoncer les exactions du régime. 100 000 personnes avaient participé l’an dernier à cette manifestation de la Résistance iranienne à Villepinte qui appelle pour un changement de régime et la reconnaissance de l’alternative démocratique face au régime des mollahs.