« Le vainqueur de cette élection, c'est la démocratie, la volonté nationale ! », scande le chef de l’État Turc. Annoncé comme vainqueur dès le lendemain matin, le président de cache pas sa joie, ce troisième mandat lui permettra de régner 5 années de plus sur son pays. Mais l'opposition dénonce des irrégularités pendant les votes : des soupçons de tricherie et de bourrage d'urne sont évoqués.

Une double élection

C'est ce dimanche que tout se jouait pour le président sortant. En effet, 56 millions de Turcs ont été appelés aux urnes pour élire un nouveau chef d'état ainsi que des nouveaux députés. Depuis maintenant plusieurs mois Erdogan enchaînait les meetings.

Face à une opposition débordante de puissance, le président se devait de remporter la victoire dès le premier tour. Afin de consolider son pouvoir, une alliance avait été mise en place entre le parti politique d'Ergdogan, l'AKP ( parti de la justice et du développement ) et le MHP ( parti nationaliste de droite ). Après le dépouillement de plus de 90% des bulletins de vote, Anadolu, l'agence de presse étatique, estime que le président est réélu avec 52% des voix et son parti politique l'AKP mène avec 53,61%. L'agence estime que 87% des votants se sont déplacés aux urnes.

Petite victoire pour l'opposition

Il n'y avait qu'un seul concurrent qui pouvait faire face au pouvoir, le social-démocrate Muharrem Ince. Mais les 30% de voix à son encontre ne lui permettent pas de prendre le pouvoir. Son parti, le CHP ( parti républicain du peuple ) a affirmé suite à son propre décompte que le président ne pouvait pas gagner dès le premier tour des élections.

Selon eux, un second vote était inévitable. Il y eu un autre grand gagnant lors de cette soirée électorale : le parti à majorité kurde, le HDP. Vue par l'opposition comme des « terroristes », son ascension au pouvoir était difficile. Mais ayant obtenus plus de 11% des voix, le parti peut se permettre d'entrer au Parlement où il obtient 65 sièges sur 600. Son chef, Selahettin Demirtas, emprisonné car défiant le pouvoir n'a reçu que 8% des voix.

Une simple présence

L'arrivé au Parlement du parti pro-kurde reste symbolique. En effet, le président erdogan va maintenant pouvoir régner à « l'Américaine ». Suite à une réforme constitutionnelle approuvée par un référendum en avril 2017, il n'y a plus de Premier ministre en Turquie. Ce sont des conseillers qui sont choisis par le chef de l’État. Il n'y a donc aucune chance pour que le président choisisse des conseillés ne partageant pas les mêmes idées politiques que lui.