L'Indonésie est toujours en proie au chaos sur son île de Lombok, quatre jours après un séisme de magnitude 6,9 survenu dimanche dernier. Ce jeudi, une réplique de magnitude 5,9 (6,2 selon l'agence météorologique locale) a surpris les habitants et les équipes de secours, qui font face à l'une des pires catastrophes de ces dernières années dans le pays.

164 morts et 1400 blessés : à l'heure où nous publions ces lignes, c'est le triste bilan du drame de dimanche, malheureusement destiné à s'alourdir. Selon Sutopo Purwo Nugronho, porte-parole de l'Agence nationale indonésienne de gestion des catastrophes, quelques 355 répliques ont secoué l'île en quatre jours, celle de ce jeudi étant la plus puissante.

Certains bâtiments et constructions déjà fragilisés par les premiers tremblements de terre n'ont pas supporté la violence du séisme d'aujourd'hui, troisième importante secousse en moins de deux semaines qui a entraîné plusieurs effondrements selon les constatations de l'Agence France Presse (AFP). De nombreux Indonésiens, dont certains logés dans des hébergements d'urgence depuis dimanche, ont également envahi les rues en courant et en criant. Par ailleurs, les secouristes ne sont toujours pas parvenus à rejoindre certaines zones de l'île situées à proximité de l'épicentre du tremblement de terre, dans l'est et le nord de Lombok. L'accès y est rendu difficile par les chutes d'arbres dans cette région du globe particulièrement dense en végétation.

Plus de 150.000 personnes déplacées

Selon les informations de l'AFP, en plus des 164 personnes décédées et des 1400 blessés, environ 156.000 Indonésiens ont du être déplacés et relogés, souvent en pleine rue sous des toiles de tente.

Le centre national de gestion des catastrophes a même annoncé que le nombre de sans-abris allait sans doute s'alourdir dans les prochaines heures et les prochains jours en raison de la forte réplique de ce jeudi. En revanche, le chiffre de 347 morts, annoncé par l'agence nationale de la presse indonésienne, a été démenti.

"Mercredi, je suis allé dans des villages qui étaient complètement détruits", déclare Christopher Rassi, directeur des équipes de la Croix-Rouge dépêchées sur place. Outre certains bâtiments publics, entreprises et habitats privés, de nombreuses mosquées ont également été détruites, l'Indonésie étant le pays musulman le plus peuplé au monde. Des corps se trouvent encore sous les décombres de plusieurs édifices, que les secouristes continuent à sonder à l'aide d'excavateurs en espérant y découvrir des survivants. Rappelons que le séisme s'est produit en fin de journée, pendant la prière du soir, et a été ressenti jusque sur l'île touristique de Bali.

L'Indonésie manque de nourriture et de médecins

Parallèlement aux opérations de secours, les autorités indonésiennes interrogent les habitants afin de déterminer "le nombre de fidèles qui se trouvaient à l’intérieur des mosquées au moment où elles se sont effondrées", selon un porte-parole de l’agence nationale de recherche et de secours.

Certaines zones de Lombok, particulièrement éloignées du coeur touristique de l'île, manquent par ailleurs de médecins, de nourriture et de médicaments. Les Indonésiens s'inquiètent également de l'aide dite "à long terme" et ignorent de quelle façon les édifices effondrés seront reconstruits. La faim commence à tenailler certains habitants, pendant que d'autres souffrent d'un fort traumatisme psychologique. La Croix-Rouge a ainsi installé une dizaine de cliniques "ambulantes" dans les régions les plus affectées, mais dans l'ensemble, le compte n'y est pas.