Fernando Albàn, représentant de l'opposition à la circonscription de Caracas, s'est suicidé ce lundi 8 octobre 2018. Il faisait partie des six personnes arrêtées à la suite du présumé "attentat terroriste" contre le président Nicolàs Maduro. Il était emprisonné au sein du service national de renseignements bolivien depuis la semaine dernière.

Selon les déclarations du procureur général du Venezuela, Tarek Saab, Fernando Albàn aurait demandé la permission d'aller aux toilettes avant de se jeter du dixième étage de l'agence de renseignements.

Chute qui lui coûtera la vie. Cependant, cette version officielle ne convainc pas tout le monde et notamment les opposants du parti "Primero Justicia" (Justice d'abord). Ses partisans ont déclaré que Fernando Albàn avait été "assassiné entre les mains du régime de Nicolás Maduro au SEBIN" et décrivent ce malheureux évènement comme l'exemple du "pire de la dictature vénézuélienne".

Un suicide controversé

Lundi soir, les sympathisants du défunt se sont rassemblés devant le siège de SEBIN en affirmant qu'il s'agissait d'un homicide.

Le ministre de l'Intérieur Nestor Reverol, lui, a communiqué qu'une enquête était ouverte afin d'éclaircir cette affaire.

Certaines personnalités politiques n'ont pas manqué d'exprimer leur colère sur Twitter. Henrique Capriles, rival de Nicolàs Maduro lors des élections présidentielles, a déclaré : "Ce qui s’est passé avec notre ami et conseiller municipal Fernando Albán relève de la responsabilité totale du régime. Ceux d'entre nous qui connaissaient Fernando savent qu'il n'aurait jamais pu agir contre sa vie. Il croyait en la justice et, aujourd'hui, nous l'exigeons en son nom."

Son avocat, Joel Garcia, a communiqué qu'il avait rencontré Albàn la veille de son décès et qu'il lui avait semblé calme.

Selon lui, ses convictions chrétiennes et spirituelles "vont à l'encontre de la décision de se suicider". Il a déclaré que le gouvernement devait mener une enquête avant de déterminer qu'il s'agissait d'un suicide et qu'il souhaitait être présent à l'autopsie. Pour le moment, son corps a été transféré au cimetière de l'est de Caracas.

Le Venezuela, une dictature

Fernando Albàn, père de famille âgé de 56 ans, se battait pour dénoncer les problèmes quotidiens des habitants.

La situation économique désastreuse a contraint des millions de Vénézuéliens à s'exiler. La répression des manifestations a causé la mort de 125 personnes en quatre mois en 2017.

Albàn s'était rendu récemment au siège des Nations unies à New York pour dénoncer la violation des droits de l'homme au Venezuela. Ravina Sahmadasani, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies a annoncé en conférence de presse à New York qu'elle enquêterait sur la mort d'Albàn dans le cadre des présumées violences commises au Venezuela.

"Le Conseil des droits de l'homme a chargé notre bureau de préparer un rapport sur le Venezuela. Nous allons donc examiner la question et tous les aspects de la situation des droits de l'homme au Venezuela" a-t-elle déclaré.

En août 2018, Nicolàs Maduro avait été condamné à 18 ans de prison par un tribunal exilé pour corruption et blanchiment d'argent. Procès qui avait été sans suite pour le Président.

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