Taisiia Cherkasova, 29 ans, est une Artiste peintre passionnée par le vivant : autant par le sujet de l'animal que par l'humain. Ses peintures à l'huile, sont l'alliance de revendications universelles à un univers particulier, emprunt de surréalisme, qu'elle nomme : « extranimalisme surréaliste ». Autodidacte, elle multiplie les projets artistiques dans le monde : de New York à Paris et n'hésite pas à repousser ses limites dans l'expérimentation artistique. Lumière sur le parcours et le travail d'une artiste peintre engagée et inspirée.

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Depuis quand dessines-tu ?

J’ai toujours été passionnée par le dessin.

J’ai commencé à dessiner vers mes 3 ans. Je me souviens que j’adorais dessiner des chevaux. Aux alentours de mes 16 ans, j’ai arrêté de dessiner pour finir par m’y reconsacrer vers mes 23 ans en redécouvrant la peinture à l’huile. Plus tard en 2015 je commence à faire des commandes pour une galerie française. De fil en aiguille, j'en fais mon métier.

Quels sont tes sujets de prédilection lorsque tu peins ?

Je travaille autour du sujet du vivant et notamment de sa fragilité. Les extinctions d’espèces me touchent beaucoup mais pas seulement : les problèmes sociaux comme la discrimination et le sexisme sont très importants pour moi. Plusieurs de mes œuvres artistiques sont des appels à la tolérance. Nous devons avoir la liberté de ne pas coller à un certain schéma sans craindre de jugements sur sa façon de s’exprimer ou de s’habiller par exemple.

Je pense à plusieurs de mes oeuvres qui sont une représentation de personnages avec une tête remplacée par un sac plastique.

Je veux ainsi montrer que l’apparence physique peut être trompeuse et que notre richesse intérieure est importante.

Quels matériaux utilises-tu ?

Je peins toujours sur des toiles en lin tendues sur des chassis en bois. J’utilise actuellement une technique de peinture assez classique bien que je teste aussi des techniques différentes : je suis dans une recherche permanente.

Je fais de plus en plus de dessins préparatoires pour donner plus de richesse à mes peintures.

La majorité de mes œuvres sont faites avec de la peinture à l’huile. C’est ma technique préférée. La peinture à l'huile ne sèche pas vite et elle permet de produire des dégradés plus riches et plus complexes.

Eprouves-tu de l'intérêt pour le dessin numérique et d'autres supports ?

Le dessin numérique m’intéresse même s’il ne me permet pas de m’exprimer pleinement comme le dessin traditionnel. J’ai travaillé comme graphiste en Ukraine et en France. J’ai même voulu suivre une formation en graphisme ! Quelquefois j’ai utilisé Photoshop pour faire des visuels préparatoires pour mes peintures.

Je fais aussi un peu de la sculpture mais ce n’est pas mon moyen d’expression favori : je sculpte des petits personnages qui me servent de modèle pour mes peintures.

Quels types de couleurs utilises-tu ?

J'aime le contraste dans mes créations, ce pourquoi j'ai recours à des combinaisons de couleurs complémentaires.

J'utilise surtout des couleurs vives.

Pour colorer les ombres, j'utilise des couleurs rabattues (mélanges de couleurs complémentaires).

Quelles sont tes références artistiques tous domaines confondus ?

Dans la peinture, parmi les anciens maitres, j’ai une préférence pour Caravage et Jérôme Bosh. Parmi les artistes plus contemporains, j’aime beaucoup Christian Rex Van Minnen et Troy Brooks.

J’aime aussi chercher l’inspiration dans le cinéma, notamment dans les films de Tim Burton. J'apprécie Marilyn Manson pour l'ambiance qui se dégage dans ses clips et ses créations visuelles ainsi que pour son travail sur les costumes.

Est-ce que le surréalisme t'inspire ?

Le surréalisme (débuté en 1919) était un moyen de s’échapper des réalités et de se retrouver dans le rêve, à force d'être confronté aux horreurs de la guerre.

Le courant du surréalisme a été, pour moi, une source d’inspiration pendant une certaine période mais je dirai que ce que je fais est plus ancré dans la réalité : je veux réveiller les consciences sur l’évolution de notre monde. Ce n’est pas la même approche.

Je fais aussi partie du groupe surréaliste de Paris, le même groupe que fréquentait André Breton, Man Ray, Salvador Dali, Max Ernst.

Fais-tu des expositions ?

Mes oeuvres sont présentées dans une galerie à New York (DOR DOR) ainsi qu'à Paris (A DIANE ET MARS). En mars, j’ai fait une exposition collective à New York. J’en avais aussi une prévue à Paris pour mai mais elle est reportée à cause de l'épidémie de coronavirus.

Qu’apporte les réseaux sociaux dans ta démarche artistique comme Instagram ?

Aujourd’hui, Instagram est devenu important. C’est un bon moyen de communiquer. Je peux répondre à des gens qui me posent des questions à propos de mes peintures. En partageant mes oeuvres sur Instagram, je peux présenter mon travail aux galeristes. Grâce à Instagram, j’ai pu découvrir beaucoup d'artistes contemporains et les suivre.

Fais tu des collaborations artistiques ?

Quand j’étais à Clermont Ferrant, je faisais de la peinture en live avec des musiciens sur scène : un orchestre d'harmonie.

C'était une performance sur l'oeuvre : Tableau d'une exposition de Modest Mussorgsky, une expérience enrichissante qui m’a demandé beaucoup de préparation. Il faut être en raccord avec la musique, à la minute près. Les spectateurs ont été marqués par le caractère innovant de ce projet. C'est un travail complexe car la peinture doit représenter l'oeuvre musicale mais je voulais aussi rester fidèle à mes sujets de prédilection.

Pour un récent projet, je devais créer un tableau à partir d'une ancienne affiche d'un artiste peintre.

Je devais aussi créer une sérigraphie.

Quels sont tes projets artistiques ?

Je vais prochainement participer à un projet lancé par H Galerie : des artistes vont filmer leur quotidien pendant l'épidémie et présenter leurs dernières oeuvres.

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