L’après COVID 19 -pandémie atténuée ou disparue- sera un autre jour pour la France et pour le macronisme triomphant de 2017. Le président Macron a été élu sur un corpus idéologico-pragmatique centré autour des notions de liberté individuelle, de responsabilité et de mondialisation. Le COVID-19 sonnerait-il l’heure de la démondialisation ainsi que le retour du collectif et de la prise en compte des attentes sociales ?

La réforme avortée des retraite et la mise en sommeil des réformes institutionnelles montrent que le macronisme de 2017 n’a plus le vent en poupe. Vive le nouveau monde. Le président de la République, en déclarant que la France était confrontée à une guerre sanitaire, dessine malgré lui les objectifs (solidarité, retour de l’État, investissements publics, nouvelles politiques sociales, transition écologique) du nouveau monde à réinventer.

Il reste à attendre les outils et la méthode présidentielle pour mettre en musique le processus de ce nouveau monde.

Le COVID 19 modifie l’agenda du macronisme

Le discours du 13 avril 2020 du président Macron peut être considéré comme le point de départ d’un macronisme 'new look'. Après le macronisme de 2017, voici le macronisme de 2020 avec un cadre ancien/nouveau pour réinventer la politique grâce à l’unité et à la cohésion nationale. Les partis politiques, à droite et à gauche, ainsi que ceux des extrêmes droite et gauche, ont tous quasiment montré leur désintérêt pour la politique d’unité nationale. Quelles formes prendra ce macronisme d’un type nouveau ? La volonté du Président de faire de la France une start-up sera-t-elle maintenue ?

Continuera-t-il à "jupitériser" la vie politique, même si après le Grand débat à la suite des revendications des Gilets jaunes, on a vu apparaître une horizontalisation du macronisme avec la prise en compte des maires dans la résolution des problèmes. La valorisation des collectivités territoriales et locales est à l’œuvre dans tous les discours de lutte contre la pandémie.

Les communes et les régions ont joué un rôle important dans la confection des masques. Des nouvelles formes de solidarité sont apparues sur le terrain. Le nouveau macronisme saura-t-il prendre en compte ces nouveaux faits de société en les intégrant dans d’éventuelles nouvelles politiques sociales à construire ?

La construction d’un nouveau macronisme

La gestion de la crise sanitaire est commentée de façon différente selon les acteurs économiques et sociaux. Pour les opposants au gouvernement la gestion de la crise par celui-ci est mauvaise. Cette remarque s’appuie sur les problèmes posés par les masques, les tests ou le traçage numérique (application stop-COVID). Pour les autres, la crise a été imprévisible et ne donne pas beaucoup de marge de manœuvre au gouvernement qui fait ce qu’il peut et qui le fait plutôt assez bien. Après le confinement collectif qui a évité une propagation rapide de la pandémie, voici le déconfinement différentiel en fonction des zones rouges et vertes et des interdictions permettant de contenir le virus, à défaut de la supprimer.

Voici la carte postale que le président Macron se doit de regarder en profondeur et avec méthode pour réinventer le macronisme pour un nouveau monde. Il s’agira pour le Président de dépasser la simple politique de communication en disant aux Français quels sont les fondamentaux politiques, économiques, sociaux, juridiques et institutionnels à mettre en œuvre pour établir une démocratie nouvelle.

Le Président doit réfléchir sur la manière de réformer l’administration et d’établir des 'passerelles' agiles avec les collectivités territoriales. Il faut rechercher, même si c’est impossible pour l’instant, la création d’un gouvernement d’union nationale qui pourra rassembler les intelligences de droite et de gauche afin de lutter contre la récession économique profonde qui s’annonce en France.

D’autres problèmes seront au cœur de l’agenda présidentiel : comment bâtir un État protectionniste par la relocalisation des activités industrielles sans s’aliéner les bonnes grâces de la mondialisation et surtout les principes de réciprocité bien connues dans les échanges internationaux.

De 'nouveaux objectifs' seront à atteindre comme la transition écologique, les politiques sociales, la revalorisation de certains métiers, la création d’un nouveau risque -celui de la dépendance-, la mise en place d’un nouveau modèle économique qui associe patronat et autres partenaires sociaux -syndicats, associations, État-. La réussite du macronisme d’un type nouveau et la réélection d’Emmanuel Macron en 2022 dépendront de sa capacité à apporter des réponses claires à ces nouveaux objectifs à atteindre.

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