Le COVID 19 est une chance pour la France car il permet de montrer l’inefficacité d’un modèle centralisé dans la prise de décision de Napoléon à nos jours. Le modèle centralisé a permis de construire une France prospère articulée autour des grands travaux et la fin de la Seconde Guerre mondiale a permis à l’État français de faire émerger une bureaucratie administrative de hauts fonctionnaires (ENA) capables sur le plan de la réglementation administrative d'organiser la société et l’économie. Pas très efficaces cependant pour conduire un management stratégique et préventif.

Dans une société mondialisée, où l’agilité, les nouvelles technologies, le management stratégique et de prévision jouent un rôle très important, force est de constater que l’administration reste assez inapte à résoudre des problèmes dits de proximité, de localité et de résolution des problèmes liés à la pandémie.

On comprend mieux pourquoi les pays africains francophones qui ont adopté ce modèle de gestion administrative de l’État, n’arrivent pas à décoller administrativement et économiquement en préférant les batailles politiques aux batailles économiques, comme le suggère le modèle allemand décentralisé. En effet, l’Allemagne nazie vaincue en 1945 doit son salut aux Etats Unis qui ont largement imposé leur point de vue pour un modèle fédéral et décentralisé, permettant sur le mode américain à l’Allemagne de retrouver les sentiers de la croissance, alors de la France souhaitait que l’Allemagne soit contraindre de rembourser toutes ses dettes liées à la guerre. Le refus américain, l’annulation d’une grande partie de la dette allemande, ont permis à l’Allemagne d’être ce qu’elle est, aujourd’hui, la première puissance économique européenne.

Le COVID 19 favorise les prémisses d’une culture girondine

Dans tous les domaines de la vie sociale, le COVID 19 a créé des nouvelles solidarités décentralisées. Le Français qualifié d’individualiste centré sur lui-même, sur le modèle jacobin de l’État, est apparu comme ouvert et girondin. Des initiatives solides concernant la fabrication de masques par des associations, par des initiatives personnelles de couturiers et couturières, par la mise en commun des savoirs entre industriels, ont permis à la France, qualifiée d’égoïste, de n'être pas celle que l’on croit.

La France, et surtout ses citoyens, sont capables d’empathie, d’ouverture et de compassion vis à vis de l’autre. La communication inaudible du gouvernement sur l’affaire des masques et des tests, a entraîné une cacophonie. C’est vrai que l’on peut dédouaner le gouvernement de leur incapacité à mettre en place une communication réelle car le COVID était imprévisible, et, comme le disent les économistes américains, on adopte le principe du « learning by doing », c’est à dire qu’on apprend en faisant.

C’est ce que semble faire le gouvernement aujourd’hui grâce à Olivier Véran, à Édouard Philippe le Premier ministre et Jérôme Salomon Directeur général de la santé.

Victoire des maires, des présidents de régions et de départements pour lutter contre le COVID 19

L’implication des collectivités territoriales et de leurs responsables respectifs, montre que la « girondisation » est en marche sur le plan pratique de la prise de décision. Les Présidents de région ont montré leur efficacité dans l’achat et la livraison des masques aux populations de leurs régions et communes respectives. Le débat jacobin/girondin doit être revu à l’aune des conséquences du COVID 19. La France a montré, par sa capacité de confinement, qu’elle est tout à fait capable, voire prête, aujourd’hui, à changer de modèle institutionnel et donc à toiletter la Constitution française de 1958, capable d’évolution comme elle l’a montrée à plusieurs reprises en intégrant les problématiques de l’environnement.

Nous sommes au cœur de la prise de conscience de la société française après le COVID 19, il ne faudra pas que l’après COVID 19 soit comme l’atmosphère d’avant. Nous avons en France cette capacité à faire des promesses au moment où les événements nous tombent sur la tête et à ne pas modifier nos comportements une fois les événements passés.

Le COVID 19 doit nous préparer à de nombreux travaux d’Hercule, une fois la pandémie passée, même si nous devons, assez paradoxalement, vivre avec lui. Ces travaux d’Hercule portent sur la nouvelle organisation du travail et sur le rôle des nouvelles solidarités sur la place de l’environnement et sur la réforme de l’État et de ses administrations trop centralisées, sur les hôpitaux et sur l'augmentation des salaires des « petites mains » (aide-soignants, éboueurs, livreurs, professeurs, etc.) qui ont permis à la société française de tenir debout.

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