Lancée en Septembre 2019, la néo-banque initiée par Scott Gordon et son associé Amine Bounjou, s’est distinguée des autres banques en ligne par un produit pensé et conçu pour aider la génération Z à s’initier au plus tôt au monde bancaire et à celui des paiements. Ainsi, Kard propose une offre 100% mobile permettant aux jeunes de 10 à 18 ans d’obtenir leur première carte de paiement, tout en étant accompagnés par leurs parents.

L’objectif ne se limite pas à proposer un compte et une carte Mastercard supervisée par les parents. Sans possibilité de découvert et avec la possibilité d’épargner via l’application, Kard cherche surtout à responsabiliser le jeune client, et le guider pas à pas vers la responsabilité financière.

Pour le projet BlastingTalks, Scott Gordon nous en dit plus sur son entreprise, son développement et revient sur le succès de la jeune entreprise.

Kard est une néo-banque pour les 10-18 ans, co-pilotée par les parents en “réinventant la norme bancaire”. D’où est venue cette idée ?

Tout début d'entrepreneuriat est un alignement des étoiles entre une rencontre, ici avec Amine Bounjou mon associé, et un problème commun qui est donc dans notre cas, le découvert bancaire. On avait tous les deux envie d’entreprendre. En discutant de ce qu’on voulait faire, on a parlé du fait qu’à notre entrée en études, on a tous les deux été confrontés au découvert. Comme à peu près 99% des étudiants on ne se posait pas trop de questions lorsque notre carte passait alors que nous n’avions plus d’argent sur notre compte.

Cette situation mène souvent à un engrenage jusqu'à dépasser le plafond de découvert. C’est un problème qui touche tout le monde. Nous en sommes la preuve, on vient de familles très différentes : le père de Amine est patron d’une grande banque au Maroc et mes parents sont professeurs, mais pourtant nous avions le même problème.

On s’est donc très vite rendu compte que les problèmes d’argent touchent beaucoup plus de personnes que ce qu’on croit.

En France, c’est ¼ de la population qui est en situation de dépassement de découvert au moins une fois par mois, et 60 % au moins une fois par an. L’origine de ce problème est double, la plupart des gens n’ont jamais reçu d’éducation financière. Ça ne s’apprend malheureusement pas sur les bancs de l’école et c’est souvent un sujet tabou au sein des familles.

Au-delà des concepts théoriques d’éducation financière, apprendre à gérer un budget nécessite de la pratique. Chez Kard, nous sommes convaincus que cette pratique doit commencer dès la jeune adolescence, et c’est pour cela qu’on propose un outil adapté aux enfants et à leurs parents.

Comment cela fonctionne-t-il concrètement ?

Ce qu'on propose, c’est une Mastercard disponible dès 10 ans pour payer en ligne ou en magasin, bien entendu sans autorisation de découvert. Avec ça, il y a une application dédiée aux enfants pour qu’ils puissent suivre leur budget en temps réel et s’initier à l'épargne. Côté parents, ils peuvent évidemment envoyer de l’argent en quelques clics, superviser le compte et les dépenses des enfants ainsi que mettre en place des limites.

Vous prônez une éducation financière pour ces enfants et adolescents? Quel constat avez-vous fait pour arriver à cet objectif ?

Le constat c’est que 1 Français sur 4 est dans le rouge tous les mois, et 1 Français sur 2 a été au moins une fois en dépassement d’autorisation de découvert dans l’année. On évolue dans une société dans laquelle gérer un budget est crucial mais n’est pas enseigné. L’apprentissage de l’argent c’est important, être préparé à avoir un budget et des limites aussi. On s’est dit qu’il fallait un acteur préparant au mieux à l’envol financier et à la responsabilité financière. Pour cela, il faut initier dès le plus jeune âge à gérer son argent intelligemment, comprendre ce qu’on peut dépenser ou non et comment faire des économies.

Vous vous concentrez sur la génération z, les personnes nées après 1995. Pourquoi avoir choisi cette tranche d’âge, quelle différence ont ces jeunes personnes par rapport aux générations précédentes ? Que pouvez-vous leur apporter ?

C’est une génération qui nous fascine tous. Elle a toujours vécu et évolué avec des business modèles complètement révolutionnaires: prendre un taxi c’est commander un Uber, écouter de la musique c’est aller sur Spotify, regarder un film c’est allumer Netflix. C’est une génération totalement oubliée par les banques traditionnelles qui n’a jamais été banquarisée. Ils ne savent pas à quoi s’attendre lorsqu’ils ouvrent un compte en banque, donc on peut partir d’une feuille blanche pour créer la banque de demain.

On a une relation primaire avec nos clients, en leur permettant d’être plus responsables, d'économiser et donc de devenir plus autonomes.

L’objectif est de les préparer à leur entrée dans la vie active tout en créant un impact financier positif dans leur vie. Si on peut y arriver, ce serait la plus belle des récompenses.

Afin de créer Kard, avez- vous effectué une étude sociologique ? Qu’en avez-vous tiré ?

Nous avons parlé avec des centaines d’enfants et parents pour comprendre leur relation à l’argent au sein du cocon familial. Avec ces réponses, nous avons essayé de comprendre, et de prendre en compte leurs retours et conseils pour nous aider dans la construction de notre produit. Nous avons ensuite commencé relativement vite avec quelques centaines d’utilisateurs avec lesquels nous échangions constamment pour pouvoir mieux les servir en faisant évoluer notre produit.

La crise du COVID-19 a accéléré la transformation digitale avec plus de paiements digitaux par exemple. Cela a-t-il eu un impact sur votre développement ?

Oui cela a été un vecteur d'accélération considérable. Nous avons sans doute gagné trois ou quatre années sur l'accélération du passage au paiement digital. Aujourd’hui, Kard répond à un besoin grandissant car l’usage des espèces est en voie de disparition et la majorité des paiements se font en ligne ou dématérialisés. Cette tendance a été renforcée par le COVID-19. C’est aujourd’hui essentiel pour les adolescents de pouvoir payer en ligne, en sans contact, et d’éviter de manipuler des espèces en continu. Et c’est bien entendu très important que les parents puissent accompagner leurs enfants dans l’adoption de ces moyens de paiement, qui leurs sont nouveaux.

Ainsi, sur notre clientèle, on a vu une augmentation de l’usage de plus de 50% depuis le début de la crise du Covid. Cela est dû au délaissement des espèces. Sur l’année 2020, il y a eu une baisse de 34% de l’utilisation des espèces, et une augmentation considérable sur le sans contact, suite notamment au déplafonnement de 30€ à 50€.

Par ailleurs, nous avons été agréablement surpris de voir à quel point nos utilisateurs sont de plus en plus jeunes. Depuis décembre 2020, on a avancé l’âge minimum d’accès à nos services de 12 ans à 10 ans, donc dès l’entrée au collège. Depuis, 20 % de nos nouveaux clients ont entre 10 et 11 ans. Il y a aussi un phénomène où on veut pouvoir payer en ligne ou de manière dématérialisée plus tôt, tout ayant un accompagnement parental sur les dépenses.

Si votre offre se concentre sur les moins de 18 ans, allez-vous l’étendre aux personnes au-delà de cet âge? Quel atout aurait-elle comparée à des banques traditionnelles pour adultes ?

Depuis la genèse du projet Kard , notre ambition a toujours été d’accompagner nos clients ad vitam eternam. L’idée, c’est d’accompagner nos clients dès l’âge de dix ans, et tout le long de leur vie. Notre produit est le plus performant du marché sur l’adolescence, mais on commence aussi à avoir des adolescents de 18 ans qui continuent à utiliser notre produit. Il va évoluer de manière naturelle avec les attentes de nos utilisateurs. Ce sera alors à nous de leur proposer de nouveaux produits à des moments clés de leur vie comme un crédit étudiant par exemple.

Ce qui nous différencie des banques classiques, c’est aussi la confiance. Le métier de banquier réside sur un socle de confiance, et la confiance des banques traditionnelles a été trahie au cours des dernières années. Nous avons aussi une connaissance très fine de nos clients. On sait comment ils économisent et ce qu’ils aiment, ce qui fait que nous sommes capable de les accompagner dans le temps.

Comptez-vous vous étendre en dehors de la France ?

Absolument, il y a 80 millions d’adolescents en Europe, et on espère qu’ils auront tous une Kard a leur main très prochainement.

Quel est le prochain défi de Kard ?

Permettre à des millions d’adolescents à travers l’Europe d’être plus responsables financièrement. Kard doit être leur compagnon financier, qu’il s’agisse de suivre leur budget, d’économiser pour leurs projets et de leur apporter une réponse à chaque fois qu’ils se préoccupent de leurs finances.

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