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Hier soir mercredi, les députés ont débattu sur la nouvelle loi du gouvernement d'Edouard Philippe encadrant le droit d'asile et l'immigration en France. Mais certaines dispositions n'ont pas été du goût de la droite, allant des Républicains au Front National. La ministre auprès du ministre de l'Intérieur, Jacqueline Gourault, est même sortie de ses gonds en pleine séance.

Il faut dire que le projet de loi fait particulièrement grincer les dents de nos législateurs. En effet, un élu de La République en Marche a annoncé un peu plus tôt dans les colonnes du Monde que les équipes d'Emmanuel Macron préparaient un plan de régularisation de 40.000 sans-papiers.

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Un chiffre qui a fait bondir de nombreux députés, la droite parlant même de "plan caché". En commission lors de la présentation des nouvelles mesures, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb n'avait donné aucune précision sur les régularisations, annonçant simplement l'ouverture d'un débat après l'examen des différents articles de la nouvelle loi.

Mais Les Républicains ne sont pas convaincus, et ont lourdement exprimé leur mécontentement hier en séance, emmenés par leur président de groupe, Christian Jacob.

Peu après minuit, Jacqueline Gourault, qui représentait Gérard Collomb sur le banc des ministres, s'est mise en colère : "Monsieur Jacob, vous allez laisser continuer ces méthodes longtemps ? (...) Ce sont des méthodes autoritaires inacceptables en démocratie", a-t-elle lancé au micro avant de retourner s'asseoir.

La réponse de Christian Jacob n'est s'est pas faite attendre : "Il faut effectivement ramener l’Assemblée au calme, madame la ministre également. Le gouvernement est responsable devant le Parlement, pas l’inverse".

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L'ancien ministre de la Fonction Publique de Dominique de Villepin a ajouté que la colère d'une partie des députés était légitime : "Vous refusez de répondre aux questions posées sur le plan caché étalé dans la presse. S’il est infondé, il suffit de nous le dire".

De son côté, la présidente de la commission des Lois, Yael Braune-Pivet de La République en Marche, a tenté de calmer les esprits en se déplaçant jusque parmi les sièges des Républicains pour leur demander un peu de retenue, mais en vain.

Seulement trois articles du projet de loi examinés

Les députés LR déplorent également qu'aucune étude n'ait été visiblement menée sur les conséquences des regroupements familiaux découlant des futures régularisations de sans-papiers. L'article qui a passionné les débats concerne en effet la venue des "frères et soeurs" des personnes régularisées, et non plus uniquement leurs parents. Mais les personnes étrangères souhaitant réunir leur famille sur le sol français ne pourront le faire que sous certaines conditions, en justifiant d'un logement et de revenus suffisants.

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Selon Gérard Collomb, seulement quelques centaines de personnes pourraient finalement être concernées. Il s'agit pour la plupart de mineurs réfugiés.

Pour le Front National, "les fratries peuvent être importantes" dans les pays d'où proviennent la majorité des immigrés, ce qui ouvrirait facilement "les vannes de l'Immigration". Pour Pierre-Henri Dumont des Républicains, le gouvernement s'apprête à "ouvrir une filière de mort depuis l’Afrique vers la France". A gauche, on défend le projet de loi en avançant des arguments humains et justes. De son côté, le Modem de François Bayrou déplore que la droite confonde encore une fois immigration et asile.

Ces tensions dans l'hémicycle ont profondément retardé l'examen du projet de loi, si bien que seulement trois articles ont été débattus sur quarante par les 200 députés présents. L'examen des autres mesures doit se poursuivre aujourd'hui, et le calendrier prévoit ensuite un vote pour vendredi soir.