Emmanuel Macron a tenu mardi, depuis l'Elysée et ce pendant près de deux heures, un argumentaire sur la vision qu'il souhaite porter pour les banlieues durant son quinquennat. Un certain nombre d'actions ont été annoncées, mais déjà la classe politique et certaines associations estiment les propositions bien en-dessous des enjeux.

Il faut dire que le discours présidentiel était tout particulièrement attendu par les principaux acteurs des banlieues.

Avec le rapport Borloo qui pointe une inquiétude fracture dans les quartiers, beaucoup conviennent qu'il est important d'agir. Mais dès ses premiers mots, le président Macron a rapidement voulu mettre les points sur les «i».

Pas question pour le gouvernement de s'engager dans un nouveau plan Marshall, au regard des nombreuses limites éprouvées par le modèle. Une position ferme qui a rapidement fait de braquer de nombreux élus de banlieues sur les véritables intentions nourries par le Chef de l'État.

Des élus et des associations ulcérés

Aucun doute en effet que certains des nombreux invités de l'Elysée ont vécu les quelques annonces d'Emmanuel Macron comme une trahison. Plus encore, après des mois de grosse mobilisation des élus locaux sur les questions qui minent les banlieues. Et bien sûr, tout l'argumentaire sur le changement de méthode qu'il a tenté de faire valoir n'aura pas aidé à faire passer la vive déception affichée.

Du côté de certaines associations très actives sur le terrain, on a du mal à cacher sa colère. Loin de l'espoir nourri il y a tout juste quelques mois, il s'agit d'un abandon des banlieues à leur sort. C'est du moins l'avis largement partagé par les responsables associatifs et politiques sous réserve de propositions qui seront apportées en juillet et en septembre.

Le plan Borloo liquidé

Pour l'ensemble de la classe politique, le discours d'Emmanuel Macron ne répond clairement pas à l'énorme défi que présente les banlieues pour la France.

À gauche, comme à droite, on estime que le président de la République a fait un trait pur et simple sur les ambitions portés par le rapport rendu par Jean-Louis Borloo il y a un mois.

Un avis pas vraiment partagé par l'ancien ministre de la ville qui assure retrouver toutes ses propositions dans les annonces faites par le fondateur d'En Marche. Au gouvernement, on se défend en tout cas de sous-estimer la cause des quartiers pour lesquels le candidat avait promis de changer la donne.

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