La situation est inédite sous le quinquennat d'Emmanuel Macron. L'Elysée a avancé d'une journée le conseil des ministres qui devait initialement se tenir mercredi à ce mardi matin pour une question de "convenances personnelles" du chef de l'Etat. Loin des apparences, le président de la République manifesterait plutôt le besoin de souffler 16 mois après son élection.

C'est Franceinfo qui révèle l'information ce mardi matin, affirmant que loin du simple bidouillage technique, le changement d'emploi du temps d'Emmanuel Macron devrait lui permettre de se reposer en famille dès mercredi.

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Si son point de chute pour ces quelques jours restent pour l'heure inconnu, l'Elysée assure qu'il ne se rendra ni au Touquet, ni à La Lanterne à Versailles.

Une rentrée difficile

Dans tous les bords politiques, on fait déjà reposer ce coup de fatigue sur le manque d'expérience du jeune président Macron. La volonté du locataire de l'Elysée d'être sur tous les fronts et sur tous les dossiers est particulièrement pointée du doigt par les responsables politiques de gauche et de droite. Nul doute d'ailleurs pour de nombreux observateurs que les péripéties connues par l'exécutif durant l'été et dès le début de la rentrée n'auront pas vraiment aidé.

Affaire Benalla, démission de Nicolas Hulot, départ retentissant de Gérard Collomb, bras de fer entre le couple exécutif, les séquences se seront voulues tendues et parfois même violentes. Au point où, un ancien conseiller de François Hollande s'est fait fort d'ironiser sur la situation, estimant que "quand on est fatigué, il est important de se reposer au risque de perdre toute lucidité". Pour sûr, c'est une nouvelle polémique dont Emmanuel Macron se serait bien passé.

Un déplacement "hors norme" à gérer

Du côté de la majorité, si on reconnait "une part de fatigue" après plus d'un an d'une politique menée au pas de charge, on se veut toutefois tempérés.

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On estime avant tout que le chef de l'Etat est dans son rôle quand il cherche à toujours se placer au premier rang de l'action politique. Les jours de repos qu'il est appelé à prendre dès mercredi devraient plutôt lui permettre de préparer au mieux le centenaire de l'armistice de 1918 la semaine prochaine.

Ce sont pas moins de 11 départements de l'est et du nord de la France qu'Emmanuel Macron doit visiter au moins d'une semaine. Un "déplacement hors norme" comme ne manquent pas de le souligner ses collaborateurs.

Cette pause qui durera trois jours devrait donc assurer au fondateur d'En Marche d'être pleinement mobilisé sur le terrain comme il aime à le faire. L'occasion peut-être de tenter de rassembler les Français sous le giron républicain.