Face à la crise de la Covid-19 traversée, la réponse gouvernementale, à travers son plan de relance économique, ne trahit pas le paradigme néolibéral dans lequel celui-ci est plongé. Loin de se soucier d’une justice sociale envers les fonctionnaires et les salariés, décriée par ces derniers pendant le confinement, baptisé France Relance, ce plan ambitionne « d’accélérer la souveraineté nationale », et de faire de la France « une nation plus indépendante, plus compétitive et attractive d’ici 2030 ». En somme, de conserver le cap politique et économique d’avant la crise sanitaire.

La feuille de route

Ce plan de relance, qualifié « d’historique » par le gouvernement, « a été élaboré à la suite d'une large concertation avec tous les acteurs des territoires, les parlementaires, les partenaires sociaux, des économistes français, européens et internationaux et les partenaires européens ». Il repose sur un budget initial de 100 milliards d’euros ciblant trois priorités, jugées indispensables à l’indépendance française. 30 milliards d’euros seront accordés à la transition écologique par le biais de primes et d’aides écologiques accordées pour les industries et les citoyens-consommateurs. Le deuxième volet est celui de la compétitivité qui devrait passer par la baisse de l’impôt de production, un investissement massif dans les nouvelles technologies et la formation.

Et le dernier volet se concentre sur la cohésion sociale sur l’ensemble du territoire, en accordant une attention à l’insertion professionnelle des – 26 ans et la « protection » des plus modestes. Il est assez enfantin d’en déduire que cette mise en œuvre de ce plan massif est très largement favorable aux patrons au détriments des revendications sociales qui avaient éclos ici et là pendant le confinement des travailleurs.

D’ailleurs le MEDEF, par la voix de son président Geoffroy Roux de Bézieux, « salue ce plan de transformation ». Pourtant certaines voix se sont levées à l’encontre de ce plan jugé trop déséquilibré.

Critiques de ce plan

A la présentation du plan, les premières attaques ne se sont pas fait attendre.

En somme, ces critiques dessinent les contours du plan. D’abord les territoires, par les voix des membres de L’Association des Maires de France, sont en « désaccord total » avec ce plan. En effet, les collectivités locales sont mises à l’index dans la concertation et le financement du plan. Ils soulignent que la baisse des impôts et les déductions concédées aux entreprises se feront au détriment des citoyens et des collectivités. Le monde syndical, par l’entremise de Laurent Berger, voit dans ce plan un chèque en blanc offert aux entreprises car ce dernier ne prévoit pas un levier de contrôle permettant aux entreprises réceptrices de « rendre des comptes ». Il propose que les comités sociaux et économiques des entreprises « donnent un avis sur l’utilisation de ces fonds publics et mesurer si ces aides vont bien là où elles doivent aller, c’est-à-dire au maintien de l’emploi et au développement de l’emploi, et à l’inscription de l’entreprise dans un investissement vers la transition écologique ».

Enfin, Thomas Piketty estime que ce plan « néglige complètement la demande de justice sociale qui s’est exprimée dans le pays ces dernières années et qui est encore très forte». Et rajoute qu’il aurait fallu se décentrer des entreprises et mettre la focale sur le secteur public et « investir bien plus dans la santé et la recherche, créer des emplois publics, et augmenter les salaires ». Par conséquent, ce plan économique et politique reste encore loin des aspirations collectives qui se sont fait entendre ces derniers mois et reste encore en deçà de la volonté de proposer un changement systémique.

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