La mode est aux boîtiers IPTV. Petits et discrets, ces boîtiers Android se branchent sur les télévisions classiques pour transformer celles-ci en « smart TV ». Si ces box Android sont légales, on ne peut pas en dire autant de toutes les applications qui les composent. Après avoir subi quelques modifications, certaines d’entre elles permettent en effet d’accéder gratuitement — et illégalement — à un grand nombre de chaînes payantes, parmi lesquelles BeIn Sport, Canal +, Sky Sport, etc.

Qui prennent très au sérieux cette nouvelle tendance. C’est en tout cas ce qu’a pu constater Warren Gleave, en août dernier. À la suite d’une plainte de Sky TV, le Britannique de 51 ans a été condamné à 16 mois de prison, pour avoir vendu des « box préconfigurées pour le piratage ». Un juteux business puisque M. Gleave a engrangé plus de 220 000 euros sur une période de 3 ans.

Pour Matthew Hibbert, responsable contentieux chez Sky UK, « cette affaire envoie un message clair, que la piraterie, sous quelque forme que ce soit, est illégale, et que les répercussions d’une telle pratique peuvent être graves ».

Le piratage IPTV est à surveiller « comme le lait sur le feu »

En Europe continentale aussi, les autorités ont décidé de hausser le ton face à cette nouvelle pratique. En avril 2017 déjà, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) statuait ainsi que la vente de boîtiers préconfigurés à des fins illicites pouvait constituer une atteinte au droit d’auteur. L’institution est même allée plus loin en responsabilisant directement le consommateur.

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Le visionnage de contenus piratés peut désormais être considéré comme de la contrefaçon s’il est fait de manière délibérée et en connaissance de cause.

Or, comme le rappelle Pauline Blassel, secrétaire générale déléguée de la Hadopi, « en France, la contrefaçon est un délit dont la sanction peut aller jusqu’à 3 ans de prison et 300 000 euros d’amende ».

Si le piratage IPTV est moins important en France qu’en Grande-Bretagne ou aux États-Unis, il n’est pas question de le laisser gagner du terrain.

Toujours selon Pauline Blassel, la Hadopi a donc décidé de « s’emparer de ce sujet » pour éviter que ce « phénomène émergent » ne se développe.

Au début de l’année, Frédéric Delacroix, secrétaire général de l’Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle (ALPA), estimait de son côté que si les boîtiers préconfigurés « ne sont pas aussi diffusés en France que dans les autres pays », il faut tout de même les surveiller « comme le lait sur le feu », car la tendance « prend de l’ampleur ».

IPTV : qui pirate qui ?

Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, les ayants droit ne seraient pas les seuls bénéficiaires d’une vigilance accrue des autorités sur le sujet. Certes, le manque à gagner pour les chaînes de télévision est estimé à 4,2 milliards de dollars par an rien qu’en Amérique du Nord, mais il existe également d’importants risques pour le consommateur.

Il est en effet fréquent que les applications livrées avec les fameux boîtiers IPTV cachent de nombreux bloatwares, ces logiciels permettant de collecter les données personnelles de l’utilisateur à son insu, pendant que celui-ci regarde un match de Premier League par exemple.

Sans parler des rootkits, ces programmes conçus pour fournir aux pirates un accès administrateur à un ordinateur sans que l’usager ne le sache. Informations bancaires, échanges professionnels, conversations personnelles… Tout se retrouve alors à portée de main des pirates. Dès lors, pas sûr que le jeu du piratage IPTV en vaille la chandelle.

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