Le 8 Mai nous fêtions la victoire d'Emmanuel Macron à la fonction de président de la République. Parti aux idées centristes et progressistes, Macron semble incarner un certain renouveau. Concernant la Guyane, la question n'est cependant pas de savoir comment notre nouveau président réagira face à la polémique de la situation guyanaise, mais de savoir ce qu'il se passe réellement selon les guyanais.

En effet, ça fait quelques années que la Guyane exprime le mécontentement d'être l'oubliée de la France. Bien qu'elle reste une région à part entière depuis le 19 Mars 1946 et bien qu'elle soit autonome, la France créerait un phénomène de «dépendance » en la négligeant délibérément.

À l'heure actuelle, la Guyane semble connaître une situation d'asphyxie que l'ont peut relier à certaines causes comme la mise en place d'impôts trop élevés pour les salaires proposés dans la région, ou un investissement de l'état français trop peu élevé pour permettre à la Guyane de proposer les mêmes conditions de vie que certaines autres régions françaises. Ainsi, la tension régionale s'est développée petit à petit.

Effet boule de neige

Depuis quelques mois nous assistons à un phénomène d'émeutes, rebellions, blocus devant des établissements publics (hôpitaux ETC...), de façon répétée. L'accumulation des grèves de transports, de l’Hôpital de Cayenne (ville la mieux lotis), de services comme EDF et un homicide dans un quartier populaire sont à l'origine de ces manifestations d'indignation.

Cependant, la France ne semble toujours pas vouloir améliorer la situation de l'État de Guyane. Entre autres depuis cet automne, le gouvernement français reste indiffèrent à la question de la déforestation de la région au lieu d'apaiser les tensions que la problématique soulève.

Cependant, toute cette problématique a créé au sein de la communauté guyanaise une certaine solidarité. En effet, un ancien policiers et un chauffeur de bus guyanais, Mikaël Mancée & Olivier Goudet, exaspérés de l'inactivité de la police française concernant la situation et bouleversés par les dégâts humains, ont fondé l'association « 500 Frères Contre La Délinquance ». Association qui, depuis le 22 février 2017, a pour but de superviser et protéger les manifestants, avec l'aide de plusieurs hommes grands et musclés. « Ils ont énormément contenu les manifestations. Grâce à eux il n'y a pas eu d'émeutes. », m'affirme ma correspondante Sam A.

Mais qu'est-ce qu'il se cache derrière tout ça ? Quels sont les non-dits ? Je mène l'enquête auprès de Sam A, 26 ans, Guyanaise, étudiante-infirmière et membre de l'association guyanaise "Racin Outre-mer" à Montpellier.

La Guyane selon Sam A

LLH : "Qu'a été précisément la situation en Guyane jusqu'à maintenant, quelles sont les conséquences sur la population et sur les conditions de vie ?"

Sam A :« Pour faire un résumé de cette région française d’Amérique du Sud, je dirais que la Guyane est partagée entre richesses culturelles, avec de multiples ethnies qui se côtoient et vivent ensemble au quotidien, richesses naturelles, avec sa faune et sa flore ainsi que l’or, les diamants, le pétrole (etc ..) et délinquance du fait de la très forte immigration que vit ce département de plus en plus péniblement. Comme l’a dit le Général De Gaulle en 1965, «la France, après avoir beaucoup espéré de la Guyane, s’en est, non pas désintéressé mais quelque peu détaché… » Aujourd’hui, 51 ans après ce discours, les choses n’ont hélas, pas beaucoup changées. »

LLH : " Peux-tu me dire ce qu'il se passe au niveau émotionnel, quelles sont les attentes et les désillusions des natifs du pays ?"

Sam A : « Les attentes des guyanais, aujourd’hui, en cette fin d’année sont que le gouvernement respect les accords de Guyane qui ont été actés le 21 Avril 2017. Niveau émotionnel la Guyane se porte bien, malgré les désillusions le peuple, y compris « les immigrés », avance et se met en place pour construire ensemble, une nouvelle GUYANE. »

LLH : "Parle-moi de ton asso "Racin Outre-mer", les buts et les différentes activités ? Est-ce que l'association souligne juste la culture guyanaise ou a t-elle aussi un certain engagement politique ?"

Sam A : « Racin Outre-mer est une association guyanaise implanté dans la région Occitanie et plus particulièrement à Montpellier. Notre but est de rassembler les guyanais et leurs amis afin de partager et promouvoir la culture guyanaise en France hexagonale et plus loin si possible. En effet, la culture, mémoire de notre identité est pour nous un devoir que l’on se doit de conserver et de chérir même à plus de 7000km. Il nous plaît donc de la diffuser à travers diverses manifestations telles que le Carnaval Caribéen de Montpellier, les soirées détentes, les journées sportives, les événements culinaires etc...On aime également marquer les événements forts de chez nous : Noël, Carnaval et Pâques font partis des incontournables. Par ailleurs, on tient à marquer un point d’honneur sur l’accueil des nouveaux arrivants, étudiants, jeunes travailleurs etc en leurs proposons un soutien, une aide à l’intégration par le biais de conseils aussi diversifié qu’il puisse l’être et dans la mesure de nos capacités. L’association n’est pas du tout engagée dans la politique."

LLH : "A ton avis, comment le gouvernement français devrait-il envisager de solutionner le problème, sociologiquement et politiquement ?"

Sam A : . « Concernant le gouvernement français, oui je pense qu’il devrait prendre en compte la particularité culturelle de la Guyane avant d’appliquer ses lois. »

LLH : "Et pour te laisser le fin mot de cette enquête : définis-­moi le dénouement idéal pour cette situation, ce que tu souhaites de meilleur à la Guyane, à part son indépendance totale de la France ?"

Sam A : « Je ne souhaite pas l’indépendance de la Guyane, en tout cas, pas pour le moment. Je voudrais juste voir ma région évoluer comme un pays de l’occident, que nous sommes sensé être, avec des infrastructures convenable et adaptés aux besoins de cette région française en plein cœur de l’Amazonie. »