« Faire de l'école le lieu de l'égalité réelle ». C'est par ces mots, dévoilés dans un communiqué, que l’Élysée motive sa décision. Emmanuel Macron a en effet décidé d'abaisser à 3 ans l'âge de l'instruction obligatoire. Dès 3 ans, les enfants devront ainsi se rendre en Maternelle. Un niveau de classe que le président de la République entend mettre en valeur et développer, afin qu'il ne soit plus simplement considéré « comme la simple préparation à l'école élémentaire. L’école maternelle est et sera davantage à l’avenir un moment fondateur de notre parcours scolaire français ». Une mesure lancée à l'occasion des Assises de l'école maternelle, auxquelles Emmanuel Macron a participé ce mardi au Centre national des arts et métiers de Paris.

Dès 2019, l'instruction obligatoire va donc passer de 6 à 16 ans, à 3 à 16 ans. Une mesure forte... mais pour quel véritable changement ? En effet, ils sont déjà très nombreux à entrer en école maternelle dès l'âge de 3 ans. Selon un chiffre avancé par le Ministère de l’Éducation nationale, c'est le cas de 97% des enfants en France. Dès lors, cette nouvelle mesure ne pourrait concerner que plusieurs milliers d'enfants, 26 000 très exactement, notamment dans les territoires d'Outre-Mer. Une réforme de l'école maternelle qui était tout de même attendue, et qui devrait également permettre de dynamiser le secteur de l'emploi.

L'éducation, domaine privilégié d'Emmanuel Macron ?

En effet, avec plus d'enfants à prendre en charge dès la maternelle en 2019, de nouveaux postes devraient être créés.

Pas moins de 800 au total dès septembre prochain. Une nouvelle réforme qui traduit bien la volonté d'Emmanuel Macron de se pencher sur le sujet de l'éducation. Cette volonté de réformer la maternelle s'accompagne d'une autre réforme, qui concerne la formation des Atsem et des professeurs de maternelle.

Des changements sur lesquels va plancher Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Éducation nationale. Ce dernier est décidément sur le pont depuis le début du quinquennat, lui dont le domaine est concerné par de nombreuses annonces et promesses. Entre autres : la réforme de la maternelle donc, mais aussi les classes préparatoires dédoublées dans certaines zones, l'accès à l'université, la réforme du bac ou encore la formation professionnelle.

Des chantiers qui vont occuper l'ensemble du quinquennat d'Emmanuel Macron, puisque la réforme du bac, par exemple, n'est pas prévue avant 2021. Sur le domaine de l'éducation, comme sur d'autres, le président de la République confirme son intention d'aller vite. Ce qui ne plaît pas à tout le monde...

Une réforme vraiment nécessaire ?

Jeudi dernier, Emmanuel Macron a affronté son premier grand mouvement social, avec de nombreuses professions dans la rue. Le mouvement de l'éducation faisait partie de ce mouvement. La grogne est importante, notamment concernant la fermeture de nombreuses classes de maternelle dans les zones rurales, faute d'élèves. Dans des propos rapportés par France Info, Francette Popineau, du syndicat Snuipp-FSU, estime que la réforme de la maternelle rendant obligatoire l'instruction dès 3 ans n'est pas le sujet, puisque c'est déjà le cas chez la très grande majorité des enfants français.

« La vraie question est plutôt : comment on s'y prend ? Avec combien d'élèves par classe ? Quels investissements ? Quelles formations pour les profs ? ». Autant d'interrogations sur lesquelles Emmanuel Macron et Jean-Michel Blanquer vont devoir apporter des réponses s'ils ne veulent pas faire grimper un peu plus la grogne au sein du monde de l'éducation...

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