Samedi 2 juin, une jeune femme que l'on appellera O. donne rendez-vous à Kévin, son petit ami, aux environ de 15 heures dans le parc de Mourmelon-le-Grand, une petite commune de la Marne. Pendant qu'ils se baladent, les deux adolescents sont confrontés à un jeune homme qui fait irruption et essaye de faire tomber l'adolescente. Une altercation éclate entre Kévin et l'individu armé qui finit par le blesser mortellement. "Une vingtaine de coups de couteau dans le dos" ont été relevés à l'autopsie "dont deux mortels assénés aux poumons", comme l'a déclaré le procureur de la République de Reims. L'agresseur s'enfuit et le lycéen de 17 ans meurt dans les minutes qui suivent, malgré l'intervention des passants qui ont tenté de lui porter secours.

Qui est l'agresseur de Kévin ?

Interrogée par les enquêteurs, O. donne une description détaillée de du meurtrier de son petit ami, pour qu'un portrait-robot puisse être établi. Les gendarmes lancent également un appel à témoin pour retrouver la trace d'un individu à la peau basanée, au nez épaté, grand et musclé, d'une trentaine d'années, vêtu ce jour-là d'un sweat à capuche noir sans marque, d'un pantalon treillis, d'un foulard militaire et d'une casquette grise. Une opération d'envergure est lancée pour retrouver le meurtrier de Kévin, mais les recherches des gendarmes ne donnent rien.

Mais rapidement, les enquêteurs pointent de nombreuses contradictions dans le récit de la lycéenne.

De plus, un élément troublant va mener les gendarmes sur la trace du tueur. Dans la journée du lundi, un collégien remarque qu'un de ses camarades est blessé à la reprise des cours. Cette information capitale est transmise aux gendarmes qui arrêtent le jeune homme chez lui le soir même. Lors de la perquisition à son domicile, les enquêteurs interroge la petite sœur de ce dernier qui va faire de surprenantes révélations : celui que nous appellerons A.

lui aurait avoué le meurtre commandité par "O. qui voulait se débarrasser de son petit ami Kévin qui la harcelait" comme l'a expliqué le procureur. Mais en garde à vue, A. se mure dans le silence.

Dans sa chambre, les enquêteurs retrouvent l'arme du crime, un couteau datant des années 50 offert par sa famille, car A.

est passionné par les armes. Toujours sur place, les gendarmes découvrent également des vêtements tâchés de sang dont les analyses confirmeront plus tard que l'ADN correspond bien à celui de l'agresseur de Kévin. Le mercredi 6 juin, A. passe aux aveux.

La petite amie de Kévin complice du meurtre ?

En racontant les faits qui se sont déroulés dans l'après-midi de samedi, A. affirme aux gendarmes que le meurtre a été planifié avec O., la petite amie de Kévin, quatre jours auparavant. Il raconte qu'il devait faire semblant de dérober le sac à main de O. pour que Kévin s'interpose et qu'il puisse le poignarder. Il était même convenu qu'il blesse l'adolescente pour rendre la thèse de l'agression encore plus crédible.

La compagne de la victime en état de choc est alors interrogée à son tour afin de déterminer son rôle dans le meurtre. Cependant, l'interrogatoire sera écourté puisque O. est victime d'un malaise. L'adolescente aura tout de même eu le temps d'expliquer qu'elle avait rencontré A. une heure avant l'agression. Lui seul aurait planifié le meurtre de Kévin pour la libérer de son emprise. Elle nie avoir souhaité la mort de ce dernier.

Kévin connaissait son tueur, puisqu'ils ont fréquenté le même collège et les mêmes amis. Selon les premiers témoignages, A. aurait agi par amour pour O. de qui il était amoureux. Les implications des deux mis en cause restent encore à éclaircir. Toutefois, les deux suspects ayant planifié ce guet-apens, pourraient être alors inculpés pour assassinat (meurtre avec préméditation) et risquent tous deux jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle.

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