"Liberté, égalité, fraternité", cette devise qui figure à l'article 2 de la constitution de 1958 a-t-elle encore un sens aujourd'hui à la vue des inégalités autant mondiales que nationales, véritable bouleversement de notre société. En réalité, les définitions littéraires de ces mots sont, depuis longtemps, bafouée et s'il fallait en reconnaître le sens comme un droit alors, il est clair qu'ils n'auraient jamais dû figurer dans la constitution française, pilier de notre droit commun.

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La liberté n'existe que sans règle

On parle souvent de libertés, libertés individuelles, libertés collectives mais quel est le véritable sens de ce mot ? Si la liberté de l'homme est d'avoir le droit de faire, de dire et de choisir, il ne faut pas, pour autant, oublier que sa liberté est aussi d'avoir le droit de ne pas faire. Il est donc bien difficile de parler de liberté dans un état de droit comme la France qui impose à ses citoyens une panoplie toujours grandissante de règles, d'obligation et d'interdit.

La liberté est donc le libre arbitre de chaque individu devant prendre ses décisions en son âme et conscience et non pas influencé par des obligations de droits contre lesquelles, de toute façon, il ne peut rien. Aujourd'hui, la véritable liberté de l'homme réside certainement au fin fond du monde, dans ce qu'il reste de peuples autochtones et totalement écartés de civilisation moderne et qui, le cas échéant, pourront agir selon leur propre conscience, n'ayant pour seul juge que leurs croyances.

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L'égalité ou le respect

A chaque coin de rue, au travail et même dans le couple, on nous parle d'égalité : égalité homme-femme, égalité de couleur, égalité de droit de culte. C'est par ce principe qu'est né la laïcité si chère à notre France. Cependant, l'égalité est-elle vraiment respectée et surtout est-elle possible ?

Culturellement parlant, il est bien difficile de mettre tout à chacun sur un même pied d'égalité car c'est justement la notion de supériorité qui force le respect.

En effet, depuis la nuit des temps, notre société fonctionne sur le principe de respect, respect des anciens, respect des chefs, respects des sages, respect des Femmes... donc même s'il existe des égalités dans les différentes classes de la société, c'est entre ces classes que l'égalité, à son sens le plus stricte, reste impossible voire dangereux pour l'équilibre du monde.

D'ailleurs nous en voyons déjà les prémices, car la laïcité, qui n'en reste pas moins un principe utile, est venue, par cette seule volonté de droit à l'égalité, effacer, gêner ou mettre de coté des règles culturelles ou cultuelles ancestrales d'éducations et finalement de bon sens.

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La conséquence directe en est, principalement, une recrudescence, en constante augmentation, des incivilités intergénérationnels, interreligieuses ou intrafamiliales, qui le plus souvent, sont dues à un manque de respect des libertés de l'autre.

La fraternité entre frères du sol

Selon la définition Larousse le mot "fraternité" désigne : le lien qui existe entre les personnes appartenant à la même organisation, qui participent au même idéal. Comme des frères d'une même famille nous serions tous, français et françaises des frères liés par notre sol, notre mère-patrie : la France.

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Pour autant, la société actuelle a plutôt tendance à vouloir nous individualiser plutôt que de nous rassembler. Elle nous pousse, constamment à être des leaders et à consommer toujours plus dans le seul but d'avoir la satisfaction d'être supérieur aux autres. Le lien fraternel est donc constamment tiré par le haut et seuls quelques points d'intérêts communs semblent maintenir le peuple français comme une seule entité.

C'est finalement dans les moments difficiles que nos liens réapparaissent comme lors de catastrophes naturelles, de guerre, d'attentat ou d'accident impliquant plusieurs personnes. Il est vrai que dans ces moments, une partie de la France, se sentant impliquée, se rassemble et pousse, d'une même voix mais pour un instant seulement, un cri fraternel. Pourtant la fraternité va au-delà de ces moments de grands désarrois, entant que frères, nous devrions prendre plus soin de nos anciens, faire preuve de compassion envers les sans domicile fixe ou les jeunes en perdition, accepter d'aider chaque individu sans discrimination quelconque. Sur ce sujet de la fraternité nous devons nous rendre à l'évidence que nous sommes bien loin d'en avoir atteint la définition et que, par là, il convient de prendre exemple sur ceux qui savent encore la pratiquer.

Ainsi, la culture africaine, dont le peuple n'attend pas les catastrophes collectives pour aider son prochain, son voisin et tous les siens, aurait surement beaucoup à nous apprendre sur la manière de définir la fraternité au quotidien, sauvant ainsi la France de devoir brandir une devise qu'il lui est impossible d'appliquer avec égalité dans le respect de la liberté de vivre tout simplement.

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