Pour qui n'a pas vu le film d'Hitchcock dont le personnage principal est tiré - Norman - voici quelques éléments : Norman Bates - incarné par Anthony Perkins - est propriétaire et habite une grande villa vieillotte, qui est, comme dans la série, située derrière un motel dont il est aussi propriétaire. Avec sa mère, ils exploitent ce motel, où va échouer par hasard une secrétaire en fuite qui a volé une importante somme d'argent à son employeur. Norman, ce vieux garçon, l'invite à dîner.

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Une scène nous fait entendre sa mère lui exprimer de manière virulente sa jalousie.

Le dédoublement de personnalité

Le film est célèbre par la scène de la douche, où l'on voit une silhouette de vieille femme - supposée être la mère de Norman - assassiner la jeune femme.

Le film nous amènera à découvrir, par le biais de l'enquête policière, que Norman souffre de troubles de l'identité, d'un dédoublement de personnalité, et que, dans des moments de crise, il se prend réellement pour sa mère. On peut voir que les problèmes psychiatriques et psychologiques sont aussi connus par les professionnels du cinéma dans : hollywood et les troubles bipolaires. Sorti en 1960, le film est considéré comme un chef d'oeuvre du suspense. Il illustre à mon sens un courant créatif où les maladies psychiatriques sont mises en scènes et abordées dans des fictions, où elles servent clairement de ressort à une intrigue ( on pensera aussi à la très bonne série Mindhunter ).

La relation problématique mère-fils

La série, tournée entre 2 013 et 2 017 est composée de 5 saisons. Freddie Highmore et Vera Farminga incarnent les rôles de Norman Bates et de sa mère, Norma.

Elle est un préquel au film d'Alfred Hitchcock. Il faut tout de suite avouer que les scénaristes ont vraiment été chercher loin pour enrichir l'histoire et en faire 5 saisons.Ce qui est appréciable, c'est la mise en place progressive au cours des 2 premières saisons, et surtout, ce que j'apprécie le plus, la mise en cause de la figure maternelle aimante, tellement protectrice avec son fils qu'elle le rend malade. L'icone centrale du modèle familial américain des années 60 est, il faut l'avouer, bien attaqué dans cette série, c'est raffraichissant. Voir comment la mère est valorisée dans notre culture occidentale : on réduit la mère à un statut de femme archaïque, dont la place perdure dans la salle de bain ou dans la cuisine.

Les cadavres, passion pour psychopathe

On le voit découvrir sa passion pour la taxidermie, comment une personnalité perturbée comme la sienne trouve un certain apaisement auprès des animaux morts. C'est une vraie bonne idée d'avoir creusé cet aspect de sa vie, qui le rapproche de beaucoup de tueurs en série mis en scène au cinéma et dans les séries.

On pensera aussi à Dexter, psychopathe total et maitre de son monstre intérieur ( quoique parfois, il dérape ) qui trouve lui aussi son salut dans le travail autour de la mort et des cadavres. Certains doivent effectivement vivre avec leur pathologie : De la maladie à la fortune, une artiste qui a fait le choix de ne pas se soumettre à ses troubles mentaux. Norman veut vivre, mais doit s'entourer de morts pour y parvenir. Cette série annonce la solution finale trouvée par le personnage, ingérer sa mère, sa matrice morte, pour conjurer ses peurs et réaliser l'impensable, être en même temps mort et vivant. Un aspect quantique de la vie terrestre ?