Sur trois éléments avancés par les avocats de #François Fillon, deux relèvent d'une défense de nature politique, et tous les parlementaires se retrouvent suspectés : s'ils disposent d'un blanc-seing total, qu'ils le disent, s'ils peuvent employer n'importe qui à n'importe quoi, qu'ils l'avouent. S'ils ne peuvent qu'être (peu) blâmés pour infraction à des règles déontologiques, qu'ils le proclament aussi fort que François Fillon le hurle. Reste un argument assez ténu, celui des fuites provenant de… x ou des magistrats, du greffe, des policiers ? Mais que Mes Levy et Cornut-Gentille portent plainte, devant un autre parquet, contre x qui pourraient être les magistrats, auxiliaires de justice et policiers ayant eu à connaître des auditions, des pièces fournies.

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Par ailleurs, puisque François Fillon a lui-même organisé d'autres fuites, dont la teneur est contestable, qu'il aille au moins à confesse. L'impact est totalement dirimant : plus il se dédouane de toute responsabilité, plus il s'enfonce, plus il jette l'opprobre sur 905 parlementaires et même leurs 4 525 collaborateurs potentiels (si chacun en employait cinq). Enfin, puisqu'il considère le parquet financier incompétent, pourquoi donc a-t-il exigé d'être entendu par lui au plus vite ? On comprend qu'il en attendait un acquittement autorisé et que ne l'ayant pas obtenu, il récuse ces magistrats. C'en est à se demander si François Fillon ne roule pas pour Marine Le Pen (ou tout autre candidat, dont, peut-être #François Bayrou). On comprend aussi que François Fillon redoute commettre de nouvelles gaffes, de mettre en relief de nouvelles omissions ou inexactitudes si de nouveaux éléments du Penelopegate se faisaient jour.

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Or, il en a accumulé.

Lassitude et oubli ?

L'opinion peut se lasser, mais non oublier les contradictions de François et Penelope Fillon. Alors qu'il avait déclaré avoir embauché son épouse en 1997, il révèle, histoire de minorer la moyenne des rémunérations, qu'elle le fut dès 1988. Les moyennes publiées par le site Fillon2017 sont exprimées non pas en "euros constants" (prenant en compte l'effet de l'inflation), comme le sont les francs et euros des cotisations de retraite, mais résultant de la seule conversion des francs en euros à valeur 2000. On veut bien croire que Penelope Fillon travaillait deux fois plus en étant embauchée par l'ex-suppléant de son mari, passant à plus de 6 000 euros (nets) mensuels, mais que n'avait-elle préparé cette succession en travaillant pour Marc Joulaud lors de sa campagne, par exemple, et en amont ? François Fillon a dissimulé déjà, en 2013, une partie de son patrimoine immobilier, celle héritée en 2004 et 2012. S'il y a fuite, elle provient de lui en date du 6 février dernier.

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Enfin, sur les indemnités de licenciement, il diffame, calomnie et injurie nos confrères du Canard enchaîné. Le palmipède s'en lisse les plumes, mais il semble établi que les 45 000 euros d'indemnités de licenciement comportent aussi des primes libéralement accordées et que cette somme globale n'a pas été répercutée totalement sur la moyenne publiée par le site Fillon2017. Ce licenciement est intervenu deux fois, et notamment en 2013, très peu avant d'être obligé de révéler l'identité de ses collaborateurs. Enfin, l'adjointe au maire (Les Régaliens, LR) d'Angers, ex-assistante parlementaire de Fillon et Jouhaud, pour 607 euros mensuels nets (contre jusqu'à 7 900 bruts), maintient, réitère n'avoir jamais été en relation professionnelle avec Penelope Fillon. Fermez le ban. François Fillon se présente en "adversaire idéologique" du "système" qu'il a si longtemps échafaudé, consolidé, pour en profiter depuis son embauche en tant qu'assistant, en 1976. À 22 ans, voici 41 ans, il entre au service d'un système qu'il conspue à présent. On aimerait pouvoir en rire autant que Canteloup, mais malheureusement, c'en est à pleurer... de rage. François Fillon se comporte en stipendié du Kremlin (qu'il le soit ou non) et favorise le vote Le Pen. Bah, lui ou elle...