Paul Bocuse, triple étoilé pendant plus de cinquante ans, a rendu son dernier soupir à 91 ans. C'est une légende de la cuisine moderne et du terroir Français qui nous quitte. Qui pourrait, mieux que lui, raconter sa réussite, comme il l'avait fait, en 2007, dans le cadre d'une interview croisée réalisée avec Alain Ducasse ? Dans le bureau de son restaurant de Collonges Au Mont d'Or, dans le Rhône, Monsieur Paul avait souri à une question sur la vraie origine de sa renommée. Puis, avec un grand sourire et beaucoup de nostalgie, Paul Bocuse expliquait (c'était en 2007) : "Aujourd'hui, se faire connaître est beaucoup plus facile qu'il y a cinquante ans. Avant hier, lorsqu'il avait peu de grands chefs, seules les étoiles que vous obteniez révélaient votre valeur...". Avec un objectif à la clé.

Ces étoiles. Toujours ces étoiles, sans lesquelles vous n'êtes pas un grand chef. Des étoiles distribuées parcimonieusement par le Guide Michelin. "Les étoiles du Michelin vous octroyaient une reconnaissance des guides et favorisaient la renommée de votre restaurant", ajoutait le chef.

Lors de cette rencontre, Paul Bocuse estimait que les guides n'avaient jamais décerné autant de récompenses. Certes, des reconnaissances pour la grande cuisine. Et des encouragements pour les nouveaux venus dans la profession. Tous n'avaient pas eu la chance d'avoir des parents restaurateurs avant leu début dans une profession de rude étoffe. Questionné sur ses débuts à une époque de rude étoffe, Monsieur Paul sous-entendait qu'il devait tout à ses parents. "Je ne serais rien sans mes parents. J'ai eu la chance que mon père et ma mère possèdent un petit restaurant. Je l'ai repris en 1956".

Cette année 1956 marque le début d'un irrésistible parcours.

En 1962, Paul Bocuse obtient deux étoiles au Michelin. Une première consécration. La première marche du podium culinaire n'est pas loin. Début 1965, le guide Michelin lui décerne une troisième étoile, la "légion d'honneur" des cuisiniers.

Paul Bocuse était la "coqueluche" des guides culinaires

Adulé par les guides culinaires, il aimait "renvoyer l'ascenseur" lorsque les guides dévoilaient de nouveaux talents. Régulièrement, Le "Gault & Millau" 2017 dévoilait les nouveaux chefs chez Paul Bocuse et le Gault & Millau citait Paul Bocuse lors du trophée des chefs en PACA favorisant un partage du savoir-faire car l'ombre de Monsieur Paul était indissociable de la réussite culinaire.

Depuis ce matin, le monde de la gastronomie est en deuil. Parti sur la pointe des pieds, le "pape des gastronomes" nous quitte, après avoir tenu le haut de l'affiche pendant plus de cinquante ans, en conseillant les nouveaux, en président en et accueillant, chaque année, le trophée Masse des meilleurs fois gras, en devenant l'ambassadeur de la cuisine française à l'étranger, en défendant inlassablement les produits du terroir. Sacré personnage !