Les tarifs d’inscription dans les universités anglaises et américaines restent très élevés. Trop longtemps l’inscription dans les universités françaises a été quasi-gratuite. La France décide de modifier les conditions d’inscription financière des étudiants étrangers .

"C’est un changement de paradigme majeur. Les étudiants étrangers (hors Union européenne), qui pouvaient jusqu’à présent venir faire leurs études en France au même tarif que les Français, vont dès la rentrée prochaine payer beaucoup plus cher" cite Le Monde. La France décide de modifier les conditions d’inscription financière des étudiants étrangers. Elle souhaite attirer les étudiants étrangers en dehors du cadre traditionnel de la francophonie.

La place de la France pour la littérature et l’histoire sont particulièrement reconnues mondialement.

En décidant d’augmenter les frais d’inscription, la France envoie un signal clair aux étudiants hors-francophonie sur les capacités d’expertise et de compétence de l’université française [VIDEO].

"Actuellement, ces étudiants, qui sont au nombre d'une centaine de milliers, paient les mêmes frais que les étudiants français. A partir de la rentrée 2019, ils devront s'acquitter de 2 770 euros en licence et 3 770 euros en master et doctorat, selon le gouvernement, soit "un tiers du coût réel" d'un étudiant étranger pour les finances publiques.", cite Le Point.

A l’image de London School of Economics, on a créé en France la School Economics de Paris et la School de Toulouse dont le prix Nobel d’économie, Jean Tirole, permet, après Maurice Allais de l’Ecole des Mines de Paris (prix Nobel en 1988), d’attirer des étrangers dans le domaine de l’analyse économique. La France a une réputation réelle en sciences depuis Marie Curie, en littérature et en médecine. Malheureusement en ce qui concerne la problématique de la gestion, le modèle de référence reste anglo-saxon, c'est-à-dire américain et anglais.

Les frais d'inscription élevés excluent les étudiants africains francophones

Les étudiants de l’Union européenne vont continuer à payer les mêmes droits que les étudiants français, ce qui est normal en fonction des règles européennes de cohérence et d’évitement du principe de subsidiarité qui aurait permis à chaque pays européen d’imposer ses frais d’inscription. En revanche, l’augmentation des frais d’inscription ferment les portes de l’enseignement supérieur français [VIDEO] aux étudiants africains francophones dont la plupart sont issus de familles pauvres et qui font de l’éducation un moyen de promotion sociale.

On retrouve ici la géométrie variable, voire hypocrite des autorités françaises à l’égard des étudiants francophones. L’Afrique est le berceau de la francophonie et c’est grâce à l’Afrique francophone que la langue française continue de perdurer dans le monde et, paradoxalement, la France le sait et veut l’ignorer. Nous sommes là au cœur d’une contradiction de la France qui est forte en principe et en déclaration et qui montre le contraire dans la pratique.

Il ne faut pas s’étonner que les étudiants francophones, de plus en plus, délaissent la France pour le monde anglo-saxon.

C’est assez paradoxal que des écrivains francophones comme Alain Mabanckou, lauréat du prix Renaudot, soient obligés de s’exiler aux Etats Unis pour enseigner la littérature francophone. C’est grave et c’est dommage pour la France qui déclare au monde entier qu’elle est pour l’universel alors que dans les principes pratiques elle favorise la différenciation, voire quelque part la séparation subtile. C’est le cas pour l’augmentation des frais d'inscription à l'université.

Le rayonnement de l’université française à travers les étudiants étrangers

La France continue d’être un des grands pays d’accueil des étudiants étrangers dans le monde. Les étudiants viennent en France car ce pays a une réputation académique. La France est le pays des Droits de l’Homme et les étudiants étrangers qui viennent dans ce pays recherchent une excellence et surtout une façon d’être dans leur future fonction, une fois leurs études terminées, à savoir l’esprit critique et de responsabilité que donne l’enseignement français.

La France a magistralement changé sa stratégie d’attraction des étudiants au nom de la géopolitique mondiale. Il ne s’agit plus d’attirer que des étudiants issus des pays francophones mais de l’ensemble du monde au nom de l’universalité géopolitique. La France essaie de tisser des liens concrets entre sa conception du monde, son économie en essayant de dépasser la zone d’influence traditionnelle francophone dont l’Afrique qui représente une part importante de locuteurs francophones.