Pourtant en tête dans les sondages pour les élections européennes, la candidate LREM enchaîne les polémiques avec le risque de décrédibiliser la majorité pour le scrutin de mai prochain. Bref passage à vide ou longue traversée du désert ? Retour sur un début de campagne compliqué avec une communication parfois hasardeuse.

Une entrée en campagne étonnante

Lors de « l’Émission politique » le jeudi 14 mars, l’ancienne ministre chargée des affaires européennes affrontait Marine Le Pen galvanisée par la longue séquence des gilets jaunes et forte de sondages prometteurs.

Face à celle-ci, Nathalie Loiseau annonce sa candidature de manière étonnante, provoquant les rires feints ou réels de son adversaire, et les moqueries du public. Elle déclare : « Madame Le Pen, je voudrais vous dire bravo. Bravo parce que vous avez réussi à me faire changer d’avis. Je suis rentrée sur ce plateau et, je vous l’ai dit, je vous ai dit que je n’étais pas candidate […] ». Difficilement crédible, certains ironisent en se demandant si l’ancienne ministre est passée par les cours Florent pour livrer une telle prestation.

L’invitation à la messe et la suppression de l’ENA

Dimanche 14 avril, dans un communiqué de presse transmis aux rédactions, Nathalie Loiseau convie les journalistes à une messe à l’Eglise du Saint-Esprit. Cet événement religieux ouvert à la presse provoque des réactions, notamment de la France Insoumise qui y voit une atteinte à la laïcité. La polémique pouvait prendre davantage d’espace médiatique, mais celle-ci est rapidement éclipsée par l’incendie spectaculaire de Notre-Dame.

La tragédie patrimoniale catalyse l’ensemble des attentions et des analyses, sauvant Loiseau d’un deuxième faux pas. C’était avant que le Président Emmanuel Macron ne la mette indirectement dans l’embarras.

En effet, depuis mardi, les mesures de son discours avorté circulent dans la nature sans émetteur et surtout sans justification. Parmi elles, la suppression de l’ENA. Totem pour certains ou bouc émissaire pour d’autres, ce possible sacrifice de l’école des élites décrédibilise Nathalie Loiseau dans la mesure où elle dirigea cette école de 2012 à 2017.

Loiseau sur une liste d’extrême droite à Sciences-Po : le cadeau de Mediapart

Lundi, le site d’investigation révèle que celle qui se présente comme le barrage au Rassemblement National figurait pendant ses études sur une liste d’union des droites, mouvement lié au GUD. Le plus étonnant n’est pas cette annonce, mais sa réponse et sa communication une fois de plus désastreuse. Au lieu d’assumer, l’entourage dément, Loiseau finit par reconnaître une erreur, puis accuse Mediapart d’être un allié objectif du quotidien Minute.

Le mal est fait : la succession d’affirmations puis de contradictions montre un amateurisme et une gêne évidente. Pourtant vraie technicienne sur les questions européennes, Nathalie Loiseau peine à convaincre sur la forme. Ses adversaires lui objecteront une phrase de Victor Hugo : « La forme, c’est le fond qui remonte à la surface ».

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