Avec son passé de chef rebelle, les Ivoiriens étaient nombreux à être en colère contre Guillaume SORO, leur ancien premier ministre et leur ancien président du Parlement. Cependant, le temps qui passe semble avoir pansé partiellement ou totalement les blessures ; et avoir atténué l’intensité des rancœurs. Ainsi, si, jusqu’à une époque récente, il ne pouvait pas circuler sur tout le territoire national en allant d’une région à une autre, depuis, c’est chose faite. Guillaume SORO va partout où il veut en Côte d’ivoire. Il rencontre les populations et s’excuse auprès d’elles pour les préjudices énormes que sa rébellion leur a causés.

Certains Ivoiriens, par sagesse, attribue sa rébellion à son jeune âge à l’époque des faits. Ils vont jusqu’à penser que depuis le conflit qui a ravagé le pays, du fait sa rébellion, Guillaume SORO a mûri et qu’il a même gagné non seulement en stature, mais encore en sagesse. D’autres disent que la repentance de Guillaume SORO est sincère, et qu’il aime son pays avant tout. Autant dire que Guillaume SORO bénéficie désormais du pardon de bon nombre de ses compatriotes.

En donnant sa candidature à l’élection présidentielle de 2020 en Côte d’Ivoire, c’est un Guillaume Soro en pleine osmose avec son peuple, et qui ne manque aucune occasion de conquérir ce peuple. Dans cette atmosphère de réconciliation pleine et entière entre l’ancien rebelle et son peuple, plusieurs sont les Ivoiriens qui vont jusqu’à parier sur son élection en 2020.

En tout cas, ses partisans y croient fortement, ils n’ont pas de doute. Sûr de sa propre élection en 2020, le candidat à l’élection présidentielle a même entrepris une tournée mondiale, sans doute pour se faire connaître davantage par les principaux partenaires de son pays, la Côte d’ivoire, et en profiter pour tisser des liens, et approfondir les relations bilatérales et multilatérales.

C’était sans compter sur ce jour noir du mardi 23 décembre 2019. En effet, ce jour-là, alors qu’il était en route vers la Côte d’ivoire après un long séjour à l’étranger qui a duré sept mois, Guillaume SORO a appris qu’il était déclarée persona non grata à Abidjan. Un mandat d’arrêt international est lancé contre lui, et des faits graves d’atteinte à la sûreté de l’État l’accablent.

En pareille circonstance, les gestion de la communication est rigoureuse. Mais aussi, en tant que candidat à l’élection présidentielle, son entourage devait lui conseiller de la mesure. Or, tout cela fait défaut au système de conquête de pouvoir de Guillaume SORO.

La communication, principale faille du système Guillaume SORO

S’il y a un défaut qui risque de mettre à mal la candidature à l’élection présidentielle de Guillaume SORO, c’est l’art de la communication en politique. D’abord, on l’a remarqué : en se séparant de son ancien allié qu’est la coalition du RHDP, pour lancer son propre mouvement GPS, Guillaume SORO et ses partisans ont exprimé beaucoup de nervosité caractérisée par des agressions verbales dans les échanges avec leurs désormais opposants.

Or, faut-il le rappeler, pour gagner l’élection présidentielle, Guillaume SORO a besoin de ratisser large en optant pour un discours de rassemblement. Ensuite, les propos par presse interposée des partisans de Guillaume SORO envers le pouvoir en place à Abidjan démontrent un esprit conflictuel. Tout ceci n’est pas de nature à ramener la paix dans un pays récemment ravagé par une crise militaro-civile imputable à l’animosité ambiante dans la classe politique ivoirienne. C’est pour tout cela que les Ivoiriens ont commencé a avoir peur de nouveau, s’interrogeant sur ce que leur réserve l’élection présidentielle prochaine. Avec raison ! Au fond, les choses se passent ainsi parce que les conseillers en communication de Guillaume SORO ne lui montrent pas la voie de la paix.

Au contraire, et tout porte à croire, qu’ils lui recommandent de brûler le fétiche qu’il a jadis adoré. Et comment ! De la manière la plus virulente !

Toutes choses égales par ailleurs, pas un jour ne se passe, sans que Guillaume SORO ne cherche à se démarquer du président Ouattara qui était pourtant son mentor pendant de longues années. Règlement de comptes ou stratégie politique ? Il n’est pas aisé d’appréhender le sens de la démarche de Guillaume SORO. Une chose est certaine, ses conseillers en communication ne le conduisent pas sur la voie de l’apaisement, de la paix sociale, dont la Côte d’ivoire a besoin pour se reconstruire et guérir des ravages de le guerre. Et pourtant, pour gagner la paix définitivement, que d’espoir représente Guillaume SORO pour le peuple !

En effet, étant de la rébellion qui a divisé le pays, l’unanimité se fait autour de Guillaume SORO pour concilier véritablement les différentes parties. On pense qu’il est le mieux placé pour rapprocher les acteurs de la rébellion et le reste du peuple qui a souffert de cette rébellion. On le considère comme le mieux placé pour forger un véritable ciment social dans le pays. Toutefois, la communication de son entourage, faite d’invectives et de propos désobligeants donnera des allures conflictuelles à la prochaine campagne pour l’élection présidentielle. La conséquence sera alors ce que les ivoiriens redoutent : la reprise des hostilités, les mêmes causes produisant les mêmes effets. Là, où, la communication du clan SORO est devenu manifestement dommageable pour sa candidature, c’est à l’occasion de la sortie de sa chargée de communication, Affoussy Bamba, suite à la procédure judiciaire lancée contre Guillaume SORO par l’État de Côte d’Ivoire.

De graves accusions d’atteinte à la sûreté formulées contre Guillaume Soro, son service de communication ne les nie pas

La vidéo fournie par Monsieur Richard Adou le Procureur de la république, et qui met en cause Guillaume SORO dans une préparation de coup d’état était contestable. Qu’à cela ne tienne, sa chargée de communication, Affoussy Bamba reconnaît l’existence de la vidéo dont elle dit que la date remonte en 2017. Premier problème : la réponse de Affousy Bamba confirmant l’existence de cette vidéo litigieuse sonne comme si une tentative de coup d’état était un acte louable, et que le fait de le reconnaître était lui aussi un acte de bravoure ou d’honneur. Deuxième problème : avec les progrès informatiques aujourd’hui, on peut faire parler une personne dans une vidéo.

Pour exemple, durant l’hiver 2018-2019, dans une vidéo manipulée par des experts, on a fait annoncer le décès d’un chef d’État d’un pays de l’Afrique centrale. L’examen de cette vidéo s’est révélée être une farce. Le service de Communication de Guillaume SORO avait une grande marge de manœuvre pour contester la réalité de la vidéo élément à charge. Elle ne l’a pas fait. Une vraie faillite de communication.

A vrai dire, la vidéo fournie par le Procureur de la république de Côte d’ivoire peut être une vidéo manipulée pour servir les besoins de la cause anti SORO. Ce moyen, la chargée de communication de Guillaume SORO n’a pas su le mobiliser, le soulever. Ainsi, en admettant l’existence de cette vidéo qui montrait ouvertement Guillaume SORO en train d’évoquer un coup d’état en cours, la conséquence est qu’une partie de la population ayant marre des coups d’état se retourne contre Guillaume SORO.

L’autre risque de la reconnaissance de l’existence de cette vidéo par la chargée de communication de Guillaume SORO : c’est que les populations paisibles qui ont souffert les affres de la guerre à cause du coup d’état raté de 2002 qui s’est mué en une longue crise, vont retomber dans les traumatismes et la hantise des coups d’état des périodes sombres de la Côte d’ivoire. Parions que tout ceci n’est pas à l’avantage du candidat Guillaume SORO. Et ce danger sur la candidature de Guillaume SORO, apparemment, son conseil en communication ne l’a pas vu ; lui qui a reconnu l’existence d’une vidéo sujette à caution. "Qui veut voyager loin, ménage sa monture." Dit l'adage. Guillaume SORO devrait revoir son staff de communication s’il veut aller plus loin dans sa conquête de pouvoir.

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