Raphaël Glucksmann était ce mardi 14 mai l'invité de France Inter. La tête de liste du PS-Place en vue des élections européennes s'agace du resserrement progressif du scrutin du 26 mai prochain dans une logique soit Macron, soit Le Pen. Il entend ainsi qu'un plus large soit donné aux Français dont il estime qu'une grande partie a envie d'une Europe qui les protège mieux socialement et écologiquement !

Il nourri donc un tout dernier espoir qu'une union de la gauche puisse finir par émerger dans les prochaines semaines.

Il faut dire que l'essayiste était particulièrement remonté ce matin, de voir la scène publique se plier au jeu du président de la République. Il fustige un "kidnapping" orchestré sur cette échéance électorale, avec La République en Marche qui agit dans cette campagne comme on se trouvait encore au second tour de l’élection présidentielle.

Aucun doute pour lui, Emmanuel Macron fait du "chantage au barrage", en appelant la majorité à faire de ce scrutin une mobilisation contre le Rassemblement national de Marine Le Pen.

Les Marcheurs potentiellement irresponsables

De son avis, la situation nuit au débat européen plus qu'autre chose. Le novice de la politique regrette qu'après deux années à rester enfermé dans un duel perpétuel entre progressistes et nationalistes, les regards soient encore tournés vers ce clivage d'un nouveau genre.

Le désormais homme politique de 39 ans estime qu'il n'est pas du tout sérieux de jouer ainsi avec la démocratie. Selon lui, le véritable enjeu réside dans ce qui devrait être l’affrontement de visions européennes souvent diamétralement opposées.

Il ne faut donc pas aller voter dans douze jours pour faire barrage à l'ex-Front national. Ce n’est, pour lui, clairement pas l’enjeu des élections qui se jouent en France cette année, bien que la perspective ne le réjouisse pas de voir arriver en tête le parti d'extrême droite.

Il a notamment tenu à faire valoir que la liste socialiste qu'il représentait, pouvait mieux faire passer ses propositions en Europe, que le chef de l'Etat visiblement esseulé. Mais, difficile de savoir si son cri se révélera suffisamment pertinent pour être entendu.

Nécessité d'une "révolution mentale à gauche"

Interrogé sur la tentative avortée de réveil et d'unification des gauches, Raphaël Glucksmann reste toutefois sans voix.

Il constate avec amertume que la tâche s'est révélé impossible face à des ego d'appareils politiques qui se refuse à oublier le passé pour construire l'avenir. Cela aura ainsi pour finalité d'aligner six listes de gauche dans la course pour une entrée au Parlement européen. Une situation qu'il trouve incongrue, tout en appelant à un rassemblement de la gauche sous la bannière de la social-démocratie et de l’écologie politique.

Mais, il reconnaît que cela n'arrivera qu'à la condition où les personnalités de gauche trouveront un moyen de faire sur eux-mêmes une "révolution mentale". D'après les tendances des dernières enquêtes d'opinion, le PS serait à peine crédité de 5% des intentions de vote. Tout juste suffisant pour obtenir des sièges à Strasbourg, mais pas assez pour décourager Raphaël Glucksmann qui assure ne rien regretter de son engagement.

Il mettra en oeuvre tout ce qu'il peut afin de réussir à faire se relever la gauche.

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