À 18 mois des élections présidentielles, le président Emmanuel Macron présente ce vendredi 2 octobre son projet de loi contre le séparatisme. Il semble cependant que l’instruction et l’école se trouvent au cœur de décisions plutôt « radicales » du gouvernement français.

Limitation de l’instruction scolaire à domicile dès l’année 2021

Cette décision inattendue est pourtant une de celle qui retient l’attention en ce vendredi 2 octobre 2020. Dès l’année prochaine, l’instruction ne se résumera plus seulement à une liberté de choix de l’enseignement, mais bel et bien à un lieu : l’école, rendue obligatoire dès 3 ans.

Jusqu’à présent, la loi Falloux de 1850 imposait aux familles l’instruction, sous quelque forme que ce soit. L’école n’était pas obligatoire, car la pédagogie était un choix familial.

Le 9 décembre prochain, un conseil des ministres sera réuni pour la présentation d’un projet de loi autour de la laïcité, des principes républicains, mais pas seulement. Cette nouvelle loi viendra également cadrer l’instruction et limiter l’instruction à domicile à quelques cas particuliers.

École obligatoire, qu’en est-il des pédagogies dites « alternatives » ?

En France, plus de 50 000 élèves profitent d’une instruction à domicile à la rentrée 2020. Si la crise sanitaire n’y est peut-être pas étrangère, ce chiffre augmentait déjà les années précédentes.

L’école, comme elle est évoquée par le gouvernement, évoque surtout les établissements publics, financés par l’Etat. Néanmoins, il existe sur notre territoire plusieurs établissements privés sous contrat. Ces écoles offrent pour certaines, une pédagogie alternative ou adaptée (écoles Montessori par exemple), d’autres sont laïques et certaines sont confessionnelles.

Ces établissements voient le jour grâce aux financements individuels et ne disposent d’aucune subvention de l’État. On estime que 85 000 élèves y sont inscrits. Selon Jean-Michel Blanquer, cette nouvelle loi sur le séparatisme devrait permettre à l’Etat de surveiller plus activement les sources de financement de ces écoles afin d’en limiter les dérives.

Pour l’instant, les modalités de contrôle n’ont pas encore été évoquées par le gouvernement.

Contrôle de l'instruction, une stratégie politique ?

Pour le moment, le message est assez flou. À 18 mois de l’élection présidentielle, après avoir été repoussé plusieurs fois, ce projet de loi fait l’effet d’une bombe. Si l’on ne perçoit pas de prime abord le lien entre instruction et questions séparatistes, Emmanuel Macron estime que l’école doit être laïque, et qu’une instruction de qualité ne saurait être ternie ou influencée par une religion.

« Parfois ils ne reçoivent aucune éducation, mais ils vont dans des structures qui ne sont nullement déclarées. (...) Des structures très simples : des murs, presque pas de fenêtres ; des enfants qui arrivent à 8 heures chaque jour et qui repartent à 15 heures ; des femmes en niqab qui les accueillent ; et lorsqu’on les interroge, les prières, certains courent.

Voilà leur enseignement. »

Nous attendons donc le 9 décembre afin de connaître les tenants et aboutissants de cette nouvelle loi. Il est évident qu’une telle annonce ne laissera pas les Français indifférents.

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