Week-end décisif pour la grève à la SNCF. En effet, de nombreux usagers rentrent de vacances, tandis que d'autres partent profiter d'un week-end prolongé grâce au pont du 1er mai. L'affluence dans les gares est donc très importante.... mais qu'en est-il de la mobilisation des Cheminots, alors que débute la sixième séquence des fameuses « gréves perlées », censées durer jusqu'au mois de juin ? La direction de la SNCF se veut rassurante, soulignant que le taux de grévistes est seulement de 28 %, contre 48 % au début de la mobilisation.

La mobilisation serait donc en net recul, même si le trafic est une nouvelle fois particulièrement touché par ces grèves. Ce samedi, un TGV sur deux sera en circulation. Concernant les TER, ils seront deux sur cinq, contre un sur trois pour les Intercités. Des difficultés qui devraient une nouvelle fois poser des problèmes à de nombreux usagers, qui ont l'impression d'être pris en otage de cette situation. La SNCF s'est voulu rassurante et aux petits soins en proposant notamment des réductions pour les passagers de TER. La compagnie ferroviaire tente ainsi de minimiser l'impact de la mobilisation des cheminots contre la réforme.

Le taux de grévistes passe de 48% à 28%

Une mobilisation qui pourrait se retourner contre les cheminots, puisque désormais, selon les derniers sondages, une majorité de Français est opposée à la grève et favorable à la réforme de la SNCF. Mais les cheminots ne lâchent pas. Entre eux et le gouvernement, le rapport de force est toujours en vigueur. La situation pourra-t-elle s'améliorer le 7 mai prochain, lorsque Edouard Philippe recevra les organisation syndicales ? Rien n'est moins sûr, puisque chaque campe sur ses positions depuis le début de la mobilisation.

Le 17 avril, les syndicats avaient ainsi quitté la table des négociations, face à un gouvernement bien décidé à faire passer cette réforme. Le texte qui fait tant débat et qui déplaît tant aux cheminots a d'ailleurs été adopté à l'Assemblée nationale, avec une majorité écrasante, et va bientôt être examiné par les Sénateurs. Là aussi, la majorité espère que le texte soit adopté. Avec une mobilisation et des perturbations en baisse dans les gares, le gouvernement espère que cette réforme va poursuivre son chemin sans difficulté, jusqu'à une possible entrée en vigueur au mois de juillet. Ce serait assurément une sacrée victoire pour Emmanuel Macron et le gouvernement d'Edouard Philippe.

Plusieurs grévistes favorables à un durcissement de la mobilisation

Dès lors, quelle marge de manœuvre reste-il aux syndicats et aux cheminots ? Certains plaident pour un durcissement de la grève, alors que jusque-là les organisations syndicales ont avant tout affiché leur volonté de ménager les usagers. « C'est une grève qui paralyse deux jours sur cinq. Quand on veut faire la grève de la faim, qu'on arrête de bouffer deux jours et qu'on mange trois jours, ce n'est pas une grève de la faim, c'est un régime », a ainsi expliqué l'un des grévistes au micro de France Info.

Une phrase qui traduit bien la problématique actuelle des grévistes, pris entre deux feux, celui de faire entendre leurs revendications tout en ne se mettant pas l'opinion public à dos en bloquant les usagers. Une donnée évidemment complexe, poussant le gouvernement à gagner du temps à la table des négociations tout en accélérant le passage de la réforme. Le temps joue contre les grévistes, dont la mobilisation ne cesse de s’essouffler. Que restera-t-il de cette mobilisation actuelle dans un mois ? Dans deux mois ? Au rythme où vont les choses, sans doute plus grand chose.

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