Rarement un 1er mai aura été aussi agité. Habituellement, les défilés se font plutôt dans le calme, les manifestants se contentant de défiler pour faire entendre leurs revendications en ce jour de fête du travail. Mais cette fois, les choses ont dégénéré à Paris. La police a ainsi informé que 109 personnes étaient en garde à vue ce mercredi après les violences survenues mardi dans la capitale. La police a utilisé des canons à eau et des gaz lacrymogènes contre des manifestants masqués qui ont brisé des vitrines et lancé des cocktails Molotov mardi soir, après un rassemblement pacifique prévu le 1er mai par les syndicats.

La CGT avait appelé à pas moins de 240 manifestations et rassemblement partout en France afin de protester contre l'action du gouvernement. Les affrontements de mardi se sont déroulés dans un contexte de fort mécontentement syndical, malgré une gauche désunie. En effet, FO avait décidé de ne pas défiler en ce 1er mai. La police anti-émeute de Paris avait mis en garde lundi contre de possibles affrontements avec des groupes anarchistes d'extrême gauche, connus sous le nom de Black Blocs, après un appel sur les médias sociaux pour faire de mardi un « jour révolutionnaire ».

Gérard Collomb promet plus de forces de l'ordre à l'avenir

Des craintes malheureusement justifiées. Les autorités ont déclaré qu'environ 1 200 manifestants masqués et encapuchonnés vêtus de noir se sont présentés en marge de la manifestation annuelle organisée le 1er mai par les syndicats. Le chef de la police de Paris, Michel Delpuech, a déclaré mardi soir lors d'une conférence de presse que plus de 200 anarchistes avaient été arrêtés et que quatre personnes, dont un policier, avaient été légèrement blessées dans les troubles qui ont suivi.

Le chiffre a finalement été ramené à 109 ce mercredi. Les manifestants ont brisé des vitrines d'entreprises, notamment un garage Renault et un restaurant McDonald's près de la gare d'Austerlitz, dans l'Est de Paris. Ils ont aussi saccagé des magasins, incendié des voitures et griffonné des graffitis anticapitalistes sur les murs avant d'être finalement dispersés par la police. Gérard Collomb, le ministre de l'Intérieur, a condamné la violence et a déclaré que tout était fait pour appréhender les coupables.

Les syndicats ont estimé le nombre de manifestants lors du rassemblement de Paris à environ 55 000, bien que la police l'ait estimé à environ 20 000. Les chiffres étaient relativement faibles par rapport à d'autres manifestations récentes.

Emmanuel Macron reste ferme sur ses positions

Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a critiqué les manifestants pour avoir couvert leurs visages. « Quand vous avez des convictions sincères, vous démontrez avec votre visage démasqué », a-t-il souligné.

« Ceux qui portent des cagoules sont les ennemis de la démocratie ». Les manifestants ont scandé des slogans anti-fascistes, agité de vieux drapeaux soviétiques et des bannières anti-gouvernementales et lancé des pétards. Certains avaient même commencé à ériger des barricades. David Le Bars, un responsable syndical de la police, a déclaré à BFM TV que les services de sécurité avaient choisi de laisser les manifestants briser les choses plutôt que de les engager pour éviter des pertes de part et d'autre, ce qui aurait évidemment pu exacerber les tensions.

Pour rappel, ces manifestations du 1er mai avaient pour but d'envoyer un message à Emmanuel Macron concernant sa politique. Mais le président de la République a de nouveau affirmé qu'il ne reculerait pas concernant son programme de réformes.

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