Le parquet de Dijon a mis en examen et écroué deux hommes âgés de 31 ans hier dimanche 12 Août. Interpellés vendredi à Saint-Andiol, près de Marseille, ils sont soupçonnés d'avoir tiré au fusil sur sept jeunes de 18 à 25 ans à Beaune dans la nuit du 29 au 30 Juillet dernier. D'après les résultats de l'enquête, les deux hommes avaient déjà tenté de foncer en voiture sur le groupe quelques dizaines de minutes plus tôt, avant de revenir armés d'un fusil.

L'Agence France Presse (AFP) précise que le motif raciste a été retenu par les magistrats.

Les individus accusés étaient par ailleurs déjà connus de la Justice pour des délits passés de violences, vols, détention d'armes, différentes infractions au Code de la route et plusieurs destructions et dégradations. Ils totalisent ainsi déjà chacun plus de 20 condamnations, et l'un d'entre eux a déjà été reconnu coupable d'usage d'armes à feu.

Les chefs d'accusation retenus aujourd'hui contre eux suite à la nuit du 29 Juillet sont multiples, selon le procureur de la République adjoint de Dijon, Thierry Bas : "tentative d'assassinat, violences aggravées, injures publiques à caractère racial et menaces de mort à caractère racial".

L'interpellation des deux suspects, d'abord rendue difficile par leur mobilité sur le territoire, ne s'est d'ailleurs pas déroulée comme prévu.

Si le premier d'entre eux a été maîtrisé sans aucun problème par les agents de la BRI (Brigade de Recherche et d'Intervention) de Marseille, le second a aggravé son cas en prenant la fuite à bord d'une voiture après avoir tenté de foncer sur les forces de l'ordre, blessant un policier à la jambe. Il sera retrouvé un peu plus tard dans la soirée et placé à son tour en garde à vue. Le chef de "tentative d'homicide volontaire sur personne dépositaire de la force publique" a ainsi été ajouté à sa liste.

Les accusés contestent les faits

Dans son communiqué rapporté par l'AFP, le parquet de Dijon ajoute que les deux suspects nient ce qui leur est reproché. Ils ont simplement reconnu avoir été "présents dans un véhicule" près du groupe de jeunes sans tenter de les renverser. A la recherche d'un homme à qui ils auraient prêté une voiture sans avoir pu la récupérer, ils les auraient interrogés avant qu'une altercation n'éclate.

Les deux suspects avouent avoir lancé une grenade lacrymogène et pris la fuite à bord de leur Renault Clio, mais démentent être revenus sur les lieux 2h30 plus tard en Mercedes armés d'un fusil, qui n'a pas été retrouvé par les enquêteurs. Les jeunes blessés affirment, eux, avoir été traités de "sales bougnoules".

Par ailleurs, un dernier chef d'accusation a été retenu contre les deux suspects, la "séquestration".

Selon les informations de France Bleu Bourgogne, ils auraient détenu un homme de force la veille de la fusillade pour ce problème de voiture prêtée. Des sources proches de l'enquête ont ajouté qu'un trafic de véhicules volés pourrait donc avoir été découvert par la même occasion. Les deux Dijonnais de 31 ans, qui feraient partie de la communauté des gens du voyage selon le quotidien La Provence, devront s'en expliquer devant les magistrats.

Enfin, les deux semaines qui viennent de s'écouler semblent avoir été vécues comme une cavale par les deux suspects, qui n'ont cessé de se déplacer jusqu'à leur interpellation dans les Bouches-du-Rhône. Selon les informations de France 2, ils se sont cachés dans différents camps de gens du voyage et n'ont pas allumé leurs téléphones portables depuis la nuit du 29 Juillet.

Vendredi, 150 personnes se sont rassemblées à Beaune sur les lieux des tirs, répondant notamment à l'appel de SOS Racisme.

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