Les signes du changement climatique, on les appréhende de diverses façons. En général, dans les pays du nord, la rudesse hivernale ou alors la rudesse estivale caractérise les effets de ce Changement climatique. De même, dans plusieurs cas, dans les pays nord comme dans les pays du sud, la fréquence ou la rareté de la pluviométrie est unanimement considérée comme un signe manifeste des dégâts environnementaux. Parfois aussi, c'est sur la disparition de la flore, ou la disparition de la faune que l'on se fonde pour justifier les variations climatiques. Et puis, de l'avis de tous, c'est sur la santé des individus et des groupes que les effets des changements climatiques sont les plus visibles par l'apparition de nouvelles pathologies, très souvent très lourdes, incurables et mortelles.

A ce sujet, on met en cause le système de production agricole avec l'utilisation d'engrais considérés comme de véritables polluants aussi bien pour l'environnement que pour les fruits et légumes destinés à la consommation. On pense alors que c'est la chaîne alimentaire entière qui est compromise, devenant ainsi une menace potentielle pour les vies humaines, et, on souhaite son amélioration. En tout cas, le changement climatique, chaque peuple l'aperçoit à différents endroits, de différentes manières et les solutions proposées sont elles aussi diverses. Ainsi, en Afrique [VIDEO] au sud du Sahara, un autre signe pourrait bien s'ajouter à la liste déjà connue des signes visibles caractéristiques des menaces environnementale : il s'agit du changement de couleur du soleil au crépuscule.

Les variations de couleur solaire, un guide d'indications horaires pendant les saisons sèches

En Afrique traditionnelle, on n'a pas de montre pour indiquer les heures de la journée.

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Par conséquent, c'est sur les astres qu'on se base pour suivre l'apparition des jours et des nuits pendant les saisons sèches. Ainsi, le soleil montre qu'on est en plein jour. Mieux, les variations de sa coloration au cours de la journée permet à chacun de se faire une idée sur le matin, la mi-journée, l'après-midi et la fin de journée. Apparaîtra la lune qui, de l'avis de tous, symbolise la nuit. Au cours d'une journée donc, chacun programme ses activités en fonction des couleurs du soleil et en fonction de la densité de la chaleur qu'il provoque. C'est ainsi qu'avant le changement climatique, au lever du jour, le soleil se lève avec une couleur jaune clair semblable à du jaune poussin. A ce stade, ses rayons sont doux, ils entament leur processus de mûrissement qui les rendra très ardents à la mi-journée. Pendant sa course du matin à midi, on note que le soleil de couleur jaune clair va s'éclaircir davantage pour devenir une grosse ampoule très blanche à la mi-journée. A ce niveau, on ne peut le fixer des yeux, il est brûlant.

En début d'après-midi, le soleil transformée en une grosse ampoule blanche à midi va commencer à jaunir de nouveau comme il est apparu le matin. Sa chaleur suit ce mouvement par une baisse progressive de son intensité. Sa progression vers la fin de journée est caractérisée par l'intensification de la couleur jaune se transformant en couleur orange. L'expression consacrée est : «le soleil dore». Le crépuscule est caractérisé par ce gros soleil orangée se dissimulant dans la cime des grands bois. A sa disparition totale, la nuit tombe, et la lune apparaît. Avec le changement climatique, l'astre crépusculaire a disparu dans de nombreux pays africains comme par exemple la Côte d'ivoire.

Disparition inquiétante de l'astre crépusculaire africain, objet de la une des cartes postales au 20è siècle

Avec un peu de chance encore, il se peut qu'ailleurs, en Afrique noire, l'on continue d'apercevoir le gros soleil qui dore derrière les arbres. Mais, pour ce qui concerne des pays comme la Côte d'ivoire, il ne faut plus y compter. En effet, le ciel ivoirien a perdu son astre crépusculaire, c'est-à-dire, le grand soleil de couleur orangé qui, jadis, dorait derrière la cime des arbres. Quelques nostalgiques voudraient encore apercevoir ce beau coucher du soleil qui a fait la une des cartes postales au siècle dernier. Inutile de leur dire que cette vue romantique et panoramique relève désormais du passé. En effet, désormais, en lieu et place du gros soleil orangé qui marquait le début de la nuit en Côte d'ivoire, c'est à un soleil aux couleurs de cendres qu'on a affaire.

L'astre crépusculaire serait-il recouvert d'un nuage de fumée venant des pollutions ? Difficile à dire. Tout ce que l'on peut dire, c'est que cette étrange nuée qui recouvre désormais l'astre crépusculaire fait penser à la fin d'un temps désormais révolu, temps ancien, porteur de gaieté, de santé, de bonheur et de joie de vivre. Aujourd'hui, même si personne ne le remarque, ce nouveau soleil gris qui annonce désormais la fin du jour est là, pour sans doute, tirer la sornette d'alarme sur les moments périlleux qui nous guettent dans un avenir proche. Sachant que le gris est la couleur qui précède le noir, et sachant que dans la majorité de nos civilisations africaines, le gris et le noir sont assimilés au tragique, au deuil, ce remplacement de l'astre crépusculaire de couleur orangée par un soleil gris est sans doute un appel à un changement radical de nos comportements. En effet, - signe annonciateur de catastrophes imminentes, - le soleil gris qui a remplacé le soleil orangé dans le ciel ivoirien et dans plusieurs ciels africains, mais qui curieusement n'interpelle personne, porte en lui tous les dangers immédiats et lointains auxquels nous sommes exposés. Cependant, il est à parier que la présence dans nos cieux d'un astre de malheur n'a même pas été remarquée. C'est la preuve qu'on n'en parle même pas. Et qui pourrait s'en apercevoir et en parler ? L'Afrique n'a-t-elle pas d'autres chats à fouetter (les conflits interethniques et religieuses par exemple) ; que de s'occuper d'un astre crépusculaire qui mute, passant d'une couleur de gaieté à une couleur triste de nature cataclysmique ?

Espérons que cet article attirera l'attention des uns et des autres sur ce phénomène climatique assez inquiétant.