L'Exit Tax a été créée en 2011 sous la présidence de Nicolas Sarkozy, et son taux a ensuite été augmenté par les équipes de François Hollande. Elle touche les chefs d'entreprise qui souhaitent s'exiler fiscalement à l'étranger, et se nomme pompeusement "Imposition des plus-values latentes lors du transfert par les contribuables de leur domicile fiscal hors de France". Lors du transfert du patrimoine d'un chef d'entreprise à l'étranger, la plus-value réalisée lors de la revente de ses actions est taxée à 34,5% par l'Etat.

Pour payer cette taxe, il faut posséder la moitié du capital d'une entreprise ou plus de 800.000 Euros d'actions.

Mais pour Emmanuel Macron, l'Exit Tax "envoie un message négatif aux entrepreneurs", qui finissent par créer leur entreprise à l'étranger pour ne pas avoir à payer cet impôt. Sa suppression, prévue en 2019, a donc pour but de rendre la France plus attractive. L'annonce a été faite dans le magazine international américain Forbes, accentuant ainsi le symbole fort de cette décision.

Alors qu'à l'Assemblée nationale, certains parlementaires de la majorité déplorent de ne pas avoir été correctement informés de ce projet afin de préparer leurs arguments, l'entourage d'Emmanuel Macron a déjà prévu la réponse : "Avec la disparition de l’ISF, (...) la réforme du code du travail ou encore la baisse annoncée de l’impôt sur les sociétés, cette décision s’inscrit dans la logique du chef de l’Etat, qui veut faire venir les investisseurs et les entrepreneurs en France".

L'opposition monte au créneau

Mais cette annonce d'Emmanuel Macron relance surtout la polémique qui l'accuse d'être le "Président des Riches", comme le souligne le député socialiste des Landes Boris Vallaud. Son camarade Gilles Carrez regrette, de son côté, que l'information ait fuité le jour de la Fête du Travail.

Même chez Les Républicains, on fustige un gouvernement trop "complaisant". Xavier Bertrand souligne également dans L'Express la "tentation thatchérienne" d'Emmanuel Macron. Pour le politologue Jérôme Sainte-Marie, la décision du chef de l'Etat s'inscrit dans la lignée de la casse des "acquis sociaux" qu'il mène depuis son arrivée au pouvoir.

Dans les rangs de la majorité macroniste, on défend la décision du président en indiquant que l'Exit Tax est "inefficace". C'est également l'argument du gouvernement et des services du Premier ministre.

"Elle n'a dissuadé personne de partir (...) et n'est pas rentable", a indiqué ce mercredi Edouard Philippe sur l'antenne de BFMTV. Le ministère de l'Economie est ensuite venu à son secours en rappelant que l'impôt en question n'a fait rentrer que 63 millions d'Euros dans les caisses de l'Etat en cinq ans, et n'a concerné que 174 personnes tout en exigeant l'emploi de quatre agents à temps plein pour éplucher les dossiers.

Pour le patron de Bercy Bruno Le Maire, invité ce matin sur France 2 dans Les 4 Vérités, la suppression de l'Exit Tax a pour objectif principal d'encourager la création d'entreprises et l'investissement en France, et donc de créer de l'emploi. "C’est un cadeau pour l’attractivité de la France. (...) Cette taxe est un repoussoir pour les investisseurs et entrepreneurs : nous préférons attirer plutôt que d’empêcher de partir !", ajoute-t-il.

Rappelons toutefois que l'actuel ministre de l'Economie, qui qualifie donc lui aussi cet impôt d'inutile, était au gouvernement en 2011 lorsque l'Exit Tax a été instaurée.

Enfin, la suppression de ce nouvel impôt payé par les plus fortunés risque de ne pas améliorer l'opinion des Français sur la politique économique du gouvernement. Selon un dernier sondage Odoxa publié ce jeudi, 72% des personnes interrogées la jugent "injuste".

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