Non, le 5 mai n'est pas la Saint-Emmanuel. Mais la France insoumise l'assure, c'est « la fête à Macron ». Il s'agit du nom pas banal donné par la France insoumise au grand rassemblement prévu ce samedi, à partir de 14 heures, au départ de la place de l'Opéra à Paris. « Une marche pour dire Stop Macron ! », assure le parti d'extrême-gauche sur son site officiel. Le parti dirigé par Jean-Luc Mélenchon assure ainsi que de nombreux militants vont venir de toute la France pour défier ce samedi 5 mai au cours d'un rassemblement qui fait débat.

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Il se tient en effet seulement quelques jours après un 1er mai très agité et d'une violence rare. Lors de la fête du travail, les Black Blocs, environ 1200, sont venus perturber la manifestation pacifique à Paris en incendiant des voitures, en s'en prenant aux CRS et en affichant des slogans sur des murs. De la « casse » pur et simple qui a suscité la colère du gouvernement, Gérard Collomb annonçant la mise en garde à vue de 109 personnes.

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Emmanuel Macron et Edouard Philippe ont également fait part de leur colère suite à ces débordements. De son côté, le ministre de l'Intérieur à annoncé que plus de forces de l'ordre seraient mobilisées lors des prochaines manifestations.

Le gouvernement fustige la France insoumise

C'est donc dans ce contexte houleux que se déroule la « fête à Macron » ce samedi. Forcément, la majorité estime que ce rassemblement dans la capitale, seulement quelques jours après les débordements du 1er mai, est tout simplement irresponsable.

Ministre de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin a assuré sur LCP qu'il voit dans cette manifestation une incitation « à la violence ». « D'ailleurs je suis assez étonné que M. Mélenchon reprenne des méthodes de l'extrême droite », a ajouté le ministre. La majorité affirme donc son opposition nette et sans détour à cette marche du 5 mai, et notamment à son intitulé. Une « fête à Macron » justifiée selon le député France insoumise François Ruffin.

« Je ne remets pas en cause l’élection d’Emmanuel Macron. C’est lui qui n’accepte pas la démocratie », assure-t-il à l'AFP. Il entend frapper un grand coup populaire ce samedi, et ainsi faire entendre les revendications des différents secteurs en colère, à l'image des étudiants et des cheminots.

Un duel Macron - Mélenchon ?

Cette manifestation, cette « fête à Macron », c'est aussi un règlement de comptes, entre deux hommes qui ne s'apprécient guère : Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon.

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Deux hommes qui se sont affrontés lors de la dernière élection présidentielle, l'un gagnant, l'autre manquant de peu une qualification pour le second tour. Le leader de la France insoumise serait-il un tantinet mauvais perdant ? C'est ce que sous-entend le président de la République dans ses dernières déclarations, dénonçant au passage « les élus qui tiennent constamment un discours d'agitation ».

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Emmanuel Macron n'a ainsi pas hésité à rejeter la faute sur l'extrême-gauche concernant les débordements du 1er mai, tandis que sur Twitter, Jean-Luc Mélenchon n'avait pas hésité à lancer que la faute revenait probablement à des groupes d'extrême droite. Le leader de la France insoumise n'a pas mis longtemps à répondre au chef de l'Etat. « C'est assez indigne de sa part d'assimiler La France insoumise à des violences dont elle a eu à souffrir elle-même », a-t-il réagit au micro de France Bleu. C'est dit, Jean-Luc Mélenchon n'entend pas se laisser impressionner par le président de la République. Suffisant pour devenir l'opposant numéro 1 du chef de l’État ? Ce samedi 5 mai devrait donner une bonne indication concernant la réponse à cette question.

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