39 morts et une quinzaine de blessés. C'est le triste bilan de l'effondrement du viaduc de Gênes survenu mardi en Italie. Selon les dernières informations du ministère parisien des Affaires étrangères, quatre français se trouvent parmi les victimes. Les recherches se poursuivent actuellement afin de retrouver d'éventuels survivants dans les décombres.

Ce drame, aussi terrible qu'inattendu, donne par ailleurs l'occasion de mettre en exergue un rapport commandé il y a plusieurs mois par le ministère français des Transports.

Il s'agit d'un audit sur l'état des ponts et viaducs dans l'Hexagone, et malheureusement, les conclusions du document, rendues publiques à la fin du mois de Juillet, sont particulièrement inquiétantes.

En effet, les auteurs de l'audit annoncent la "forte dégradation" du réseau français. Sur les 12.000 ponts et viaducs analysés à travers le territoire, "un tiers nécessite des réparations". Si la plupart ne doit subir que de petits ajustements pour éviter des problèmes beaucoup plus importants et dangereux à l'avenir, 7% des constructions présentent "à terme un risque d’effondrement et donc la forte probabilité d'être fermées à la circulation", pas seulement des camions, mais également de tous les autres véhicules. Ainsi, ce sont au total 840 viaducs et ponts qui pourraient disparaître de nos cartes routières et de nos GPS.

Un manque de budget dans certaines collectivités

Christian Tridon, président du Syndicat des entrepreneurs spécialistes de travaux de réparation et de renforcement des structures, rappelle également que tous les ponts n'ont pas pu être audités : "7 % sont des ponts que l’on connaît (...) mais il y a tous les autres qu’on ne surveille pas", et pour lesquels aucune information n'est disponible.

C'est surtout le manque de moyens des collectivités locales pour entretenir leurs réseaux routiers qui est pointé du doigt.

Dans ses propos rapportés par Le Parisien, Christian Tridon raconte le jour où il a signifié au maire d'un village que son pont présentait un danger : "Il m’a répondu : «Monsieur vous avez raison mais je n’ai pas d’argent pour le réparer et j’ai une école de l’autre côté, donc beaucoup de monde emprunte ce pont.»". La présence d'un établissement scolaire à proximité d'une construction présentant un danger "n'est pas un cas isolé", conclue Christian Tridon.

Une réaction nécessaire des services de l'Equipement

La France compte environ un million de kilomètres de routes nationales, départementales, communales et de réseau autoroutier, mais aussi quelques 200.000 ponts, soit une construction tous les cinq kilomètres. Selon les conclusions du rapport remis fin Juillet au ministère des Transports, 6% des ponts pourraient être interdits à la circulation d'ici une vingtaine d'années si aucune démarche de réparation et de renforcement n'est entreprise.

Déjà, le 15 Mai dernier, le viaduc de Gennevilliers, dans les Hauts-de-Seine, avait vu l'un de ses murs de soutien s'effondrer sur l'autoroute A15, sans faire heureusement de victimes. Le manque d'entretien de la structure avait été dénoncé par de nombreux spécialistes.

Suite au drame du viaduc de Gênes survenu mardi, la ministre française des Transports, Elisabeth Borne, a déclaré le lendemain qu'un projet de loi était en préparation pour la rentrée.

Elle souhaite réagir en programment un "plan de sauvegarde des routes nationales". D'un budget annoncé d'un milliard d'Euros par an, le texte vise à engager les rénovations urgentes de certains ponts et chaussées le plus rapidement possible, tout en anticipant et en programmant les réparations futures.

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