Les déclarations récentes de Buisson sur la nécessité de dépasser les partis politiques (comme l’a fait le président Macron en 2017) et de s’adresser directement aux peuples de droite fondent une nouvelle donne dans le champ politique français. Le président Macron avait théorisé dans son livre Révolution la conception d’une façon nouvelle de faire de la politique. Il a gagné l’élection présidentielle en créant une surprise qui n’en n’était pas une car il a offert au peuple une opportunité de transgresser les lignes de clivage traditionnel entre la gauche et la droite.

En instaurant la duopolisation du marché politique électoral entre le Rassemblement national et LAREM, le président Macron, après la défaite de LR aux élections européennes, favorise la mise en ordre d’une réflexion des théoriciens de la droite. "Le score historique faible des Républicains aux élections européennes (8,48 % des suffrages exprimés) a poussé leur chef de file, Laurent Wauquiez, à démissionner dimanche 2 juin. Mais au-delà d’un souci de gouvernance, c’est l’espace politique même du parti qui se réduit." écrit Le Monde. Marion Maréchal ne s’est pas trompée en demandant qu’une union des droites se fasse au cas par cas à l’occasion des élections municipales.

C’est une position qui a le don de ne pas plaire à sa tante Marine Le Pen qui, elle, est pour un renforcement du Rassemblement national grâce à la défection de certains militants et dirigeants LR et paradoxalement de la France Insoumise. Nous sommes là au centre d’une opposition radicale sur la manière de permettre au Rassemblement national de percer le plafond de verre pour être crédible au deuxième tour des élections municipales et surtout au cours de l’élection présidentielle de 2022.

Buisson, Zemmour et Marion Maréchal mènent des combats divergents mais pour une même convergence

Il s’agit pour Zemmour et Buisson de rassembler les peuples de droite en s’appuyant sur le concept Révolution du livre du président Macron.

Il faut créer à droite une révolution populaire, peu importe si elle est populiste, mais de droite car le président Macron est au centre. "Vouloir ou essayer de «recomposer la droite» est un objectif qui n'en est pas un et une idée dénuée de sens. C'est même une attitude suicidaire qui correspond à un logiciel ancien. Il n'y a pas pire chimère que de vouloir faire du neuf avec du vieux." écrit Bertrand Soubelet dans Le Figaro. Le problème pour Zemmour et Buisson, à la différence de Soubelet, est de savoir qui portera la doctrine qu’ils auront élaborée dans le champ politique, sachant que la droite LR est en capilotade, incapable de renouveler son logiciel sociétal et politique.

Ni Marine, ni Marion ne souhaitent cette solution car, pour Marine il faut densifier le RN et pour Marion il faut constituer une union qui n’est possible qu’à travers des alliances entre les partis de droite. La tante et la nièce s’opposent donc à la plateforme à venir de Buisson/Zemmour et des autres théoriciens d’une droite plus populaire. C’est une chance pour le président Macron et il est intéressant de voir pourquoi.

Emmanuel Macron et LaREM doivent pousser stratégiquement

Le président Macron a gagné l’élection présidentielle en 2017 en partant d’une tabula rasa, sans parti politique installé, sans militants politiques encartés.

Il a construit sa victoire parce que l’élection présidentielle en France est d’abord celle d’un homme face au peuple. Il a réussi en même temps (proposition macronienne de référence) à réduire au silence et la droite et la gauche. La décomposition continue aux élections européennes, seul le Rassemblement national évite le naufrage. Il s’agit pour le président Macron d’installer son parti dans les territoires grâce aux élections municipales, régionales et départementales futures. Il lui faudra faire des choix et composer avec les exécutifs municipaux de droite comme de gauche déjà aux affaires en décidant au cas par cas ce qu’il y a lieu de faire, soit présenter des listes LAREM, soit présenter des listes LAREM qui ont pour objectifs de composer avec les exécutifs présents pour permettre à LAREM d’entrer dans les conseils municipaux.

Il faudra trouver des passerelles avec les Verts, force montante du nouveau paysage politique français, mais à quel prix et selon quelles conditions ? LAREM doit favoriser la création d’un mouvement politique Agir de gauche à l’image d’Agir de droite. Il faudra aller plus loin et chercher les combinaisons de coalition avec certains membres des partis politiques comme ceux de la Force insoumise qui sont pour la République et qui ne souhaitent plus que l’impétuosité d’un Mélenchon. Tout se traitera au cas par cas et ville par ville.

On attend la stratégie qu'adoptera le parti d'Emmanuel Macron: LAREM.

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