Fille du président du Front National, Jean-Marie Le Pen, elle a accédé à la présidence de ce parti en novembre 2011 et a depuis entrepris sa dédiabolisation, parvenant même à atteindre un score élevé aux élections de 2012. Depuis, elle a entrepris une campagne visant à faire perdre toute crédibilité au gouvernement actuel et à l'ensemble des détracteurs de l'extrême-droite, traçant sa route vers les élections présidentielles de 2017.

Née le 5 août 1968, Marine Le Pen débute sa carrière politique en tant qu'étudiante à l'actuelle Université Panthéon-Assas, devenant membre du parti dirigé par son père. Diplômée, devenue avocate, en 1993, elle tente de devenir députée dans le 17ème arrondissement parisien, mais échoue. Quatre ans plus tard, elle est au centre des tensions qui déchirent le FN en s'opposant à Mégret. L'année qui a suivi, elle est aux côtés de Carl Lang lorsque ce dernier est élu dans le 59. Dans le même temps, dans les rangs de Générations Le Pen, elle entame son travail de dédiabolisation du parti et se voit confier les commandes du service juridique.

En 2002, son image est utilisée pour la première fois à la télévision, alors que son père a des chances de devenir président de la République. Elle-même devient là le symbole de l'extrême-droite sur tous les supports de communication, ce qui ne lui permet pas d'être élu à la mairie de Lens. L'année suivante, les membres du Front National la considérant comme gênante tentent de l'écarter. Jean-Marie Le Pen contre-attaque et prend sa défense en la nommant vice-présidente. Marine Le Pen est nommée au Parlement Européen en 2004 avant de quitter temporairement le parti pour séparer sa vision de celle de son père. Elle y revient en 2006 pour organiser la communication de son père et d'assurer en 2007 la formation des adhérant au parti.

Elle survit aux conspuassions dont elle fait l'objet après la victoire de Nicolas Sarkozy et implicitement la défaite de son père, et se lance dans une quête pour Hénin-Beaumont au côté de Steeve Briois. Si elle ne parvient pas à obtenir un poste de dirigeante, elle devient conseillère municipale, et dans le même temps s'offre un second mandat en tant que député européenne. Elle abandonne le premier rôle en 2011 pour pouvoir succéder à son père à la tête du FN.

Avec pour projet de faire en sorte que la France abandonne l'OTAN et l'Union Européenne pour se centrer sur elle-même, elle entame une campagne présidentielle. Marine Le Pen obtient ne mars 2012 les 500 voix nécessaires pour se présenter et représente une alternative viable aux yeux de certains Français face au Président sortant et à une Gauche morcelée. On parle de votes de mécontentement. Mais elle est éliminée au premier tour, au profit de Nicolas Sarkozy et François Hollande.

Après la victoire de ce dernier, Marine Le Pen se lance définitivement à la conquête des mairies et des parlements européens. En 2012 comme en 2014, le Front national bat des records qui inquiètent les journalistes comme les hommes politiques. Son altercation en mars 2015 avec le Premier ministre Manuel Valls symbolise sa stratégie : en pointant du doigt la stigmatisation de l'extrême-droite par tous les autres partis, elle se pose en victime, et il est dès lors concevable de ne plus considérer le mouvement longtemps dirigé par son père comme « diabolique ». En continuant sur cette lancée, le gouvernement actuel risque fort de lui offrir lui-même son siège en 2017.