Lecteur assidu du Canard enchaîné, j'ai toujours adoré ses rubriques bidons telles les journaux de Carla Bruni, puis de Penelope Fillon, et j'anticipe à présent, j'imagine, un "Brigitte parle aux Françaises et Français" (s'il est décidé par ces "Messieurs" que la nouvelle Première dame se "confie" au volatile). Voilà que je découvre, sur #Sputnik News, la rubrique La Main du Kremlin. Bien joué, et surtout pas mal trouvé… Oui, j'estime, sans pouvoir le recouper, le vérifier, le disséquer, et ce jusqu'à nouvel ordre, que le FSB et des pirates informatiques, liés à l'ultra-droite américaine pro-Trump, ont tenté de soutenir François Fillon, puis Marine Le Pen.

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Le coup ayant manqué, grâce à… non nos canonniers mais aux braves pioupious de la "médiacratie", entre autres, qui ont démonté les MacronLeaks et le reste. Resté idéalement internationaliste prolétarien, je ne me sens que peu proche de l'ensemble du "peuple" russe, parfois aussi abruti et xénophobe que le français (et d'autres), mais en empathie avec des Russes sincères, probes, y compris de ceux qui estiment que Vladimir Poutine est un dirigeant acceptable. Ce pour de multiples raisons qui tiennent à la nature, ancha y arena, de la Russie, à l'histoire de l'ex-URSSS, et à nombre de facteurs trop complexes pour être explicités ici (sauf à faire du Hélène Carrère d'Encausse, blablateuse douée, n'ayant pas eu tout faux, mais qui s'est aussi fourvoyée).

De Gaulle souhaitait une Europe "de l'Atlantique à l'Oural", mais la Russie n'en veut pas : elle veut continuer à polluer, à nourrir de nouveau à peu près convenablement ses citoyennes et citoyens qui ne sont pas totalement au pas, et emporter des marchés.

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Elle tolère une corruption contingentée, mais non plus généralisée, et ce n'est certes pas la France qui peut, après le Penelopegate et autres affaires, se poser en donneuse de leçons. Retour donc à la diplomatie habituelle pour le Kremlin, qui devra désormais s'accommoder de la présidence Macron.

Déminage

La rubrique satirique de Sputnik vise à tourner en dérision toute suspicion de prise de position insidieuse de Moscou dans la #Politique intérieure française (ou de n'importe quel pays). Il s'agit de dédouaner les services russes d'utiliser des pirates informatiques, ou d'aider à répandre des rumeurs, de faciliter la diffusion de fausses nouvelles. Non, la Russie ne se mêle de rien, ne soutient pas telle candidate ou tel autre, tout cela est un mythe fomenté par la propagande… française, européenne ? Cela donne "Échec et mat : seul contre tous, ce faucon d'Emmanuel Macron est finalement arrivé à remporter la présidentielle française malgré la méchanceté des #Médias qui l'ont inlassablement critiqué et n'ont cessé de salir son image".

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Si théories du complot il y a, ce ne serait pas de provenance russe. La ligne éditoriale factuelle des deux principaux sites internationaux russes, Sputnik et Russia Today (RT) prête très peu à la critique.

En revanche, c'est face au choix des "experts" ou "personnalités" qui sont invités à s'exprimer que, souvent, le doute s'installe. Ainsi, RT donne la parole à des "militants des droits de l'Homme" français : Yasser Louati et Hosni Maati. Sans préciser, dans l'article en anglais, que le premier est le porte-parole du CCIF (Collectif contre l'islamophobie), le second l'avocat de la plupart des personnes soutenues par ce collectif. Macron est décrit comme l'héritier de Hollande qui appliquera des politiques "en faveur des riches et des puissants". Dans l'édition française, le titre phare est "En pâmoison devant Macron lors de l'investiture, les journalistes repris de volée sur Twitter". Sputnik avait procédé de même avec les MacronLeaks. Rien pour les accréditer dans les sujets factuels, mais les messages des forums ou pages des réseaux sociaux leur accordant une crédibilité étaient mis en avant. Côté plus factuel, cela donne : "Pluie, French Cancan, Champs-Élysées vides : l'insolite investiture d'Emmanuel Macron". Là encore avec des reprises de messages d'internautes.

En revanche, pour "Législatives : faute d'alliance, Mélenchon et les communistes veulent éviter de se faire concurrence", pas de commentaires d'internautes. En fait, les deux médias n'attaquent que peu frontalement les dirigeants européens pro-construction européenne, laissant ce soin à des invités, mais épargnent largement les autres ou l'opposition eurosceptique. Avec toutefois une exception : les conservateurs britanniques, très inquiets de la remontée en puissance des capacités défensives et offensives russes. Cela ne fait pas de ces opposants eurosceptiques "des agents" du Kremlin, mais force est de constater que RT et Sputnik, sans prendre ouvertement position, savent donner leur donner "la main" (et la passer dans le dos de leurs soutiens).