Il y avait Juppé le Girondin, et Fillon le Jacobin. Prêt, pour terrasser la finance, chasser l'envahisseur opposé au Kremlin, sortir de l'euro, à faire table rase du système. Et ce Croix de feu (Fillon, combien de palmes à ta médaille militaire ?) entraîne derrière lui tous les Régaliens de LR, en appelle à la levée en masse des sans-culottes. Appelons un chat, un chat, et factieux, des factieux. Voilà le rapace, le prévaricateur empêtré dans le #Penelopegate nous la jouant #antisystème. Nous n'inventons rien : "je suis l'homme qu'il faut mettre à genoux, parce que je suis le porteur d'un projet qui bouscule le système (…) je suis un adversaire idéologique". Onward, Christian Soldiers! Voici le Templier, le Chevalier (d'industrie et) de Malte, devenu un Don Bosco, un saint François d'Assises, terrassant le dragon du système, curant les écuries d'Augias tel un Donald Trump assainissant le cloaque de Washington. Non mais, allo, allo, tu vas descendre dans la rue, lancer des pavés contre le système, sans t'enduire le cuir chevelu de Pétrole Hann® ?

Blanchi sous le harnois

Oui, il faut rappeler que #François Fillon bouffe et suce l'argent du contribuable depuis ses 22 ans, que cela fait 41 années qu'il vit aux crochets d'un système inexpugnable. Les tondus, plus étrillés que les cinq montures de Penelope Fillon, saignés, demanderaient donc que cette grenouille (des bénitiers de Civitas, de l'Opus Dei, des Chevaliers du Christ…) devienne roi ? Voici un vieux cheval de retour que sa Penelope dope au frigging : du gingembre décortiqué dans le fondement pour le rendre fringant éradicateur du système. C'est le grand soir, avec Fillon, la nappe du passé arrachée fait table rase. Et tu trouves cela drôle, et on t'a dit (qui ? Baroin, Raffarin, NKM, Le Maire, Copé, Balkany, euh, non, pas Balkany) que c'était drôle ? Eh bien, on t'aura menti. Tu fais désormais passer tous ces gens, tes séides, spadassins et reîtres, pour ceux qui, "n'ayant d'autre droit que la force, refusent de la reconnaître chez les autres" (Proudhon). Le quarteron de félons est devenu multitude : tous Les Régaliens sont derrière toi, le pourfendeur du système, toi, le nouveau Danton. Ce serait farce si ce n'était dramatique, si tu accédais, ci-devant sieur Fillon, justiciable, à la tête de l'État. Et contraint à une cohabitation. Car si, chichement élu, avec une légitimité écornée par une abstention massive, des votes nuls par centaines de milliers, tu l'emportais face à une Marine Le Pen ayant rallié des voix de gauche atterrés par ton attitude, crois-tu que ce pays t'allouerait une majorité parlementaire ? Tu rêves. Non, tu veux juste retarder l'échéance de devoir rendre à la Nation ce que tu lui as prélevé. Tu n'es pas "antisystème", mais un Harpagon veillant sur sa cassette. Crois-tu vraiment que tes Camelots vont retrouver leurs sièges et leurs prébendes si aisément ? T'étant discrédité, tu les entraînes à ta suite. Vaste programme : pour te sauver, ils se jettent aux lises. Ou offrent leurs gorges au grand cric qui les croquera. Imprécation ? Que non ! Chaque jour, chaque heure, tu alourdis la dette de la France (les emprunts et la parité) et fais passer tes compatriotes pour des lavettes aux yeux du monde. Même en Afrique ou en Asie on s'étonne que tu t'accroches ainsi. Saborder sa famille politique pour sauver sa famille, est-ce vraiment digne ? Un indice : même le Kremlin commence à te lâcher. Vérifie. Eh oui, on concède à un Judas ses deniers, mais après… Il te reste la chance que la presse, à laquelle tu craches à la figure, que tu fais huer, te consacres encore des lignes. Cela ne durera pas, sauf en rubrique judiciaire, en brève, avant de te vouer à l'oubli qui ne réparera pas les dégâts infligés à ceux que tu auras entraînés dans ta chute. Tous le méritent, puisque tous se taisent ou t'approuvent. Leur choix...